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Iphigénie en Aulide (Racine), Didot, 1854Chapitre 17 / 38

Scène III.

ACHILLE, CLYTEMNESTRE.
ACHILLE.

Tout succède, madame, à mon empressement :
Le roi n’a point voulu d’autre éclaircissement ;
Il en croit mes transports ; et sans presque m’entendre,
Il vient, en m’embrassant, de m’accepter pour gendre.
Il ne m’a dit qu’un mot. Mais vous a-t-il conté
Quel bonheur dans le camp vous avez apporté ?
Les dieux vont s’apaiser : du moins Calchas publie
Qu’avec eux, dans une heure, il nous réconcilie ;
Que Neptune et les vents, prêts à nous exaucer,
N’attendent que le sang que sa main va verser.
Déjà dans les vaisseaux la voile se déploie,
Déjà sur sa parole ils se tournent vers Troie.
Pour moi, quoique le ciel, au gré de mon amour,
Dût encore des vents retarder le retour,
Que je quitte à regret la rive fortunée
Où je vais allumer les flambeaux d’hyménée,
Puis-je ne point chérir l’heureuse occasion
D’aller du sang troyen sceller notre union,
Et de laisser bientôt, sous Troie ensevelie,
Le déshonneur d’un nom à qui le mien s’allie ?