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Le Jeu de l’amour et du hasardChapitre 27 / 33

Scène III

SILVIA, DORANTE, MARIO.
Mario.

Ah ! te voilà, Lisette ?

Silvia.

Qu’avez-vous, monsieur ? vous me paraissez ému ?

Mario.

Ce n’est rien ; je disais un mot à Bourguignon.

Silvia.

Il est triste ; est-ce que vous le querelliez ?

Dorante.

Monsieur m’apprend qu’il vous aime, Lisette.

Silvia.

Ce n’est pas ma faute.

Dorante.

Et me défend de vous aimer.

Silvia.

Il me défend donc de vous paraître aimable ?

Mario.

Je ne saurais empêcher qu’il ne t’aime, belle Lisette ; mais je ne veux pas qu’il te le dise.

Silvia.

Il ne me le dit plus ; il ne fait que me le répéter.

Mario.

Du moins ne te le répétera-t-il pas quand je serai présent. Retirez-vous, Bourguignon.

Dorante.

J’attends qu’elle me l’ordonne.

Mario.

Encore !

Silvia.

Il dit qu’il attend ; ayez donc patience.

Dorante.

Avez-vous de l’inclination pour monsieur ?

Silvia.

Quoi ! de l’amour ? oh ! je crois qu’il ne sera pas nécessaire qu’on me le défende.

Dorante.

Ne me trompez-vous pas ?

Mario.

En vérité, je joue ici un joli personnage ! Qu’il sorte donc. À qui est-ce que je parle ?

Dorante.

À Bourguignon, voilà tout.

Mario.

Eh bien, qu’il s’en aille !

Dorante, à part.

Je souffre.

Silvia.

Cédez puisqu’il se fâche.

Dorante, bas à Silvia.

Vous ne demandez peut-être pas mieux ?

Mario.

Allons, finissons.

Dorante.

Vous ne m’aviez pas dit cet amour-là, Lisette.