Scène XIII
Quoi ! le voilà encore ?
Oui, ma mère. (Au comte.) Monsieur le comte, il était question de mariage entre vous et moi, et il n’y faut plus penser. Vous méritez qu’on vous aime ; mon cœur n’est point en état de vous rendre justice, et je ne suis pas d’un rang qui vous convienne.
Quoi donc ! que signifie ce discours ?
Je vous entends, madame ; et sans l’avoir dit à madame (montrant madame Argante) je songeais à me retirer. J’ai deviné tout. Dorante n’est venu chez vous qu’à cause qu’il vous aimait ; il vous a plu ; vous voulez lui faire sa fortune ; voilà tout ce que vous alliez dire.
Je n’ai rien à ajouter.
La fortune à cet homme-là !
Il n’y a plus que notre discussion, que nous réglerons à l’amiable. J’ai dit que je ne plaiderais point et je tiendrai parole.
Vous êtes bien généreux. Envoyez-moi quelqu’un qui en décide, et ce sera assez.
Ah ! la belle chute ! ah ! ce maudit intendant ! Qu’il soit votre mari tant qu’il vous plaira ; mais il ne sera jamais mon gendre.
Laissons passer sa colère, et finissons. (Ils sortent.)
Ouf ! ma gloire m’accable. Je mériterais bien d’appeler cette femme-là ma bru.
Pardi ! nous nous soucions bien de ton tableau à présent ! L’original nous en fournira bien d’autres copies.