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Les Plaideurs (éditions Didot, 1854)Chapitre 9 / 27

Scène VIII.

CHICANEAU, LA COMTESSE, PETIT-JEAN.
PETIT-JEAN.

Voyez le beau sabbat qu’ils font à notre porte !
Messieurs, allez plus loin tempêter de la sorte.

CHICANEAU.

Monsieur, soyez témoin…

LA COMTESSE.

Monsieur, soyez témoin… Que monsieur est un sot.

CHICANEAU.

Monsieur, vous l’entendez, retenez bien ce mot.

PETIT-JEAN, à la comtesse.

Ah ! vous ne deviez pas lâcher cette parole.

LA COMTESSE.

Vraiment, c’est bien à lui de me traiter de folle !

PETIT-JEAN.
(à Chicaneau.)

Folle ! Vous avez tort. Pourquoi l’injurier ?

CHICANEAU.

On la conseille.

PETIT-JEAN.

On la conseille. Oh !

LA COMTESSE.

On la conseille. Oh ! Oui, de me faire lier.

PETIT-JEAN.

Oh, monsieur !

CHICANEAU.

Oh, monsieur ! Jusqu’au bout que ne m’écoute-t-elle ?

PETIT-JEAN.

Oh, madame !

LA COMTESSE.

Oh, madame ! Qui ? moi, souffrir qu’on me querelle ?

CHICANEAU.

Une crieuse…

PETIT-JEAN.

Une crieuse… Hé, paix !

LA COMTESSE.

Une crieuse… Hé, paix ! Un chicaneur !

PETIT-JEAN.

Une crieuse… Hé, paix ! Un chicaneur ! Holà !

CHICANEAU.

Qui n’ose plus plaider !

LA COMTESSE.

Qui n’ose plus plaider ! Que t’importe cela ?
Qu’est-ce qui t’en revient, faussaire abominable,
Brouillon, voleur ?

CHICANEAU.

Brouillon, voleur ? Et bon, et bon, de par le diable :
Un sergent ! un sergent !

LA COMTESSE.

Un sergent ! un sergent ! Un huissier ! un huissier !

PETIT-JEAN, seul.

Ma foi, juge et plaideurs, il faudrait tout lier.