Avis de l’Editeur.
LES MÉDITATIONS de M. de Lamartine n’ont plus besoin d’éloges : dans un siècle qui prétend n’être point barbare, et où la poésie est cependant plus dédaignée que dans les âges de la plus profonde barbarie, où les cris tumultueux des passions étouffent les voix harmonieuses et inspirées des nourrissons des Muses, il a osé faire entendre la sienne ; et réalisant ce que la Fable nous raconte de ce chantre de Thrace, qui savoit toucher ce que la nature a de plus dur et de plus sauvage, il a forcé les plus insensibles à écouter ses chants, et les plus dédaigneux à les applaudir.
C’est qu’à toutes les qualités qui font le poëte, à la grâce, à la flexibilité, à ce style en quelque sorte vivant d’images qui en est le principal et le plus frappant caractère, M. de Lamartine joint un esprit droit et un cœur religieux. Il a senti que le temps des vaines fictions étoit passé ; que c’étoit dans le sein de l’éternelle vérité que la poésie devoit désormais chercher ses inspirations, par cela même que les esprits ne se nourrissent plus que par des mensonges, et se consument à chercher dans l’erreur toutes les réalités. Aux accents pieux du jeune poëte se sont réveillés dans les cœurs une foule de sentiments qui ne se peuvent entièrement éteindre, tant qu’il reste en nous quelque chose de l’homme ; et M. de Lamartine a su intéresser et charmer son siècle, justement parce qu’il a su se garantir de ses corruptions.
Cette édition, que tant d’autres ont précédée1, est enrichie de quatre pièces nouvelles, dans lesquelles on retrouvera le même talent et les mêmes inspirations. Le public l’accueillera sans doute avec la même faveur.