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L'Arlésienne : Pièce en trois actes et cinq tableauxChapitre 24 / 43

SCÈNE II.

LES MÊMES, VIVETTE, avec des paquets.

VIVETTE.

Déjà levé, capitaine...

MARC.

Hé! c’est notre amie Vivette... Où allons-nous donc de si bonne heure, misè Vivette, avec ces gros paquets?

VIVETTE.

Je vais porter mon bagage au pontonnier du Rhône... Je pars par le bateau de six heures.

MARC.

Vous partez?

VIVETTE.

Mais oui, capitaine, il faut bien.

MARC.

Comme elle dit cela gaiement : il faut bien! Et vos amis de Castelet, cela ne vous fait donc pas gros cœur de vous en aller d’eux?

VIVETTE.

Ah! que si fait; mais il y a là-bas à Saint-Louis une brave femme qui s’ennuie d’être seule, et cette idée me donne du courage pour partir... Ah! bonne mère! mais j’y songe. Et le feu qui n’est pas fait... Et la soupe des hommes... Justement ce matin, la chambrière qui est malade... vite, vite...

MARC.

Voulez-vous que je vous aide?...

VIVETTE.

Volontiers, capitaine. Tenez, là-bas, derrière la porte, deux ou trois fagots de sarment.

MARC, prenant les fagots.

Voilà... voilà... (A l’équipage.) Qu’est-ce que tu as donc toi à me regarder? avec tes gros yeux...

VIVETTE, prenant les sarments.

Merci... Maintenant il n’y a plus qu’à souffler...

MARC.

Je m’en charge.

VIVETTE.

C’est cela! Pendant ce temps je vais jusqu’au bateau, retenir ma place...

MARC, vivement.

Vous allez revenir, au moins?

VIVETTE.

Sans doute! Il faut bien que je dise adieu à ma marraine... (Chargeant son paquet.) Hop!

MARC.

Laissez, laissez. L’équipage va vous porter cela. C’est trop lourd... Hé! matelot... Eh bien!... quoi!... qu’est-ce que tu as? qu’est-ce qui t’étonne? Prends ces paquets, on te dit...

VIVETTE.

A tout à l’heure, capitaine... (Elle sort.)