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Le Menteur (Corneille, Marty-Laveaux, 1862)Chapitre 17 / 41

Scène VI.

DORANTE, CLITON.
DORANTE.

Que dis-tu de l’histoire, et de mon artifice ?
Le bonhomme en tient-il ? m’en suis-je bien tiré ?
Quelque sot en ma place y seroit demeuré ;
Il eût perdu le temps à gémir et se plaindre,
690Et malgré son amour, se fût laissé contraindre.
Oh ! l’utile secret que mentir à propos[42] !

CLITON.

Quoi ? ce que vous disiez n’est pas vrai ?

DORANTE.

Quoi ? ce que vous disiez n’est pas vrai ?Pas deux mots ;
Et tu ne viens d’ouïr qu’un trait de gentillesse
Pour conserver mon âme et mon cœur à Lucrèce.

CLITON.

695Quoi ? la montre, l’épée, avec le pistolet…

DORANTE.

Industrie.

CLITON.

Industrie.Obligez, Monsieur, votre valet :
Quand vous voudrez jouer de ces grands coups de maître,
Donnez-lui quelque signe à les pouvoir connoître ;
Quoique bien averti, j’étois dans le panneau.

DORANTE.

700Va, n’appréhende pas d’y tomber de nouveau :
Tu seras de mon cœur l’unique secrétaire,
Et de tous mes secrets le grand dépositaire.

CLITON.

Avec ces qualités j’ose bien espérer

Qu’assez malaisément je pourrai m’en parer.
705Mais parlons de vos feux. Certes, cette maîtresse…