Scène VI.
Eh bien ! vous le voyez, l’histoire est découverte.
Ah ! Cliton, je me trouve à deux doigts de ma perte.
Vous en avez sans doute un plus heureux succès,
Et vous avez gagné chez elle un grand accès ;
Mais je suis ce fâcheux qui nuis par ma présence,
Et vous fais sous ces mots être d’intelligence[30].
Peut-être. Qu’en crois-tu ?
Le peut-être est gaillard.
Penses-tu qu’après tout j’en quitte encor ma part,
Et tienne tout perdu pour un peu de traverse[31] ?
Si jamais cette part tomboit dans le commerce,
Et qu’il vous vînt marchand pour ce trésor caché,
Je vous conseillerois d’en faire bon marché.
Mais pourquoi si peu croire un feu si véritable ?
À chaque bout de champ vous mentez comme un diable.
Je disois vérité.
Quand un menteur la dit,
En passant par sa bouche, elle perd son crédit[32].
Il faut donc essayer si par quelque autre bouche
Elle pourra trouver un accueil moins farouche[33].
Allons sur le chevet rêver quelque moyen
D’avoir de l’incrédule un plus doux entretien.
Souvent leur belle humeur suit le cours de la lune :
Telle rend des mépris qui veut qu’on l’importune ;
Et de quelques effets que les siens soient suivis[34],
Il sera demain jour, et la nuit porte avis[35].
- ↑ Var. Mon heur en est extrême, et l’aventure est rare. (1644-60)
- ↑ Var. Qui me battois à froid et sans savoir pourquoi, (1644-56)
- ↑ Var. Quoi que j’aye (a) pu faire,
Je crois n’avoir rien fait qui vous doive déplaire. (1644-56)
(a) Voltaire fait sur ce vers la remarque suivante : « Le mot aye ne peut entrer dans un vers, à moins qu’il ne soit suivi d’une voyelle avec laquelle il forme une élision. » - ↑ Var. Jusques à cejourd’hui, que sortant d’embuscade,
Vous m’en avez conté l’histoire par bravade. (1644-56) - ↑ Var. De voir sitôt finir notre division. (1644 et 48)
- ↑ Var. Prenez sur un appel le loisir d’y rêver,
Sans commencer par où vous devez achever. (1644-56) - ↑ Var. Je viens de tout savoir d’un des gens de Lucrèce. (1644-56)
- ↑ L’édition de 1692 donne seule su, au lieu de vu.
- ↑ Var. Comme il en voit sortir ces deux beautés masquées,
Sans les avoir au nez de plus près remarquées,
Voyant que le carrosse, et chevaux, et cocher,
Étoient ceux de Lucrèce, il suit sans s’approcher,
Et les prenant ainsi pour Lucrèce et Clarice. (1644-56) - ↑ L’édition de 1656 donne, par une erreur évidente, cesse, pour cessez.
- ↑ Var. J’ai fait ce grand vacarme à ce divin objet ? (1644-56)
- ↑ Var. Ou bien, s’il l’a donnée, il l’a donnée en songe, (1644-64)
- ↑ Il y a tes dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille, bien qu’Alcippe d’ordinaire ne tutoie pas Dorante. L’impression de 1692 donne vos.
- ↑ Var. Le voyant resté seul avecque son valet. (1644-56)
- ↑ Var. Et si l’on les veut croire, ont vu chaque campagne. (1644-56)
- ↑ Var. D’une autre toute fraîche il dupe encore Alcippe. (1644-56)
- ↑ Var. Il aura su qu’Alcippe étoit aimé de vous. (1644-56)
- ↑ Var. Quoi ? votre humeur ici lui désobéira ? (1644-56)
- ↑ « Cette métaphore, tirée de l’art des armes, paraît aujourd’hui peu convenable dans la bouche d’une fille parlant à une fille ; mais quand une métaphore est usitée, elle cesse d’être une figure. L’art de l’escrime étant alors beaucoup plus commun qu’aujourd’hui, sortir de garde, être en garde, entrait dans le discours familier, et on employait ces expressions avec les femmes mêmes ; comme on dit à la boule-vue à ceux qui n’ont jamais vu jouer à la boule ; servir sur les deux toits à ceux qui n’ont jamais vu jouer à la paume ; le dessous des cartes, etc. » (Voltaire.)
- ↑ Var. Non, je lui veux parler par curiosité. (1644-56)
- ↑ Var. Et si c’étoit lui-même, il me pourroit connoître. (1644-56)
- ↑ Var. Ne hésiter jamais, et rougir encor moins (a). (1644-60)
(a) Voltaire dit au sujet de ce vers : « Ne hé est dur à l’oreille ; on ne fait plus difficulté de dire aujourd’hui : J’hésite, je n’hésite plus. » - ↑ Les mots à Isabelle manquent dans les deux éditions de 1644 ; et de même avant le vers 941 et le vers 949 les mots à Clarice.
- ↑ Var. Il continue encore à te conter sa chance.
clarice, à Lucrèce. Il continue encor dans la même impudence. (1644-56) - ↑ Telle est ici l’orthographe de toutes les éditions, y compris celle de 1692. Voyez plus bas, p. 236, note 2, le même vers écrit différemment (avec accord du participe) dans plusieurs éditions.
- ↑ Var. Que la foudre à vos yeux m’écrase, si je mens ! (1644-56)
- ↑ Var. Et n’en a vu qu’à coups d’écritoire et de verre. (1644-63)
- ↑ On lit tout autre dans les éditions de 1648-60. Voyez tome I, p. 228, note 3.
- ↑ C’est-à-dire : Vous payez d’imposture. Voyez le Lexique.
- ↑ Voyez ci-dessus les vers 349 et 350, et la Notice, p. 122.
- ↑ Var. [clit. Si jamais cette part tomboit dans le commerce,]
Quelque espoir dont l’appas vous endorme ou vous berce,
Si vous trouviez marchand pour ce trésor caché. (1644-56) - ↑ « Voilà deux vers qui sont passés en proverbe. » (Voltaire.) — Ils sont imités de l’espagnol. Voyez l’Appendice, p. 259.
- ↑ Var. Elle recevra point un accueil moins farouche. (1644-56)
- ↑ Var. Mais de quelques effets que les siens soient suivis. (1644-56)
- ↑ Voyez ci-dessus, p. 138, note 3.
- ↑ Var. Mon heur en est extrême, et l’aventure est rare. (1644-60)
- ↑ Var. Qui me battois à froid et sans savoir pourquoi, (1644-56)
- ↑ Var. Quoi que j’aye (a) pu faire,
Je crois n’avoir rien fait qui vous doive déplaire. (1644-56)
(a) Voltaire fait sur ce vers la remarque suivante : « Le mot aye ne peut entrer dans un vers, à moins qu’il ne soit suivi d’une voyelle avec laquelle il forme une élision. » - ↑ Var. Jusques à cejourd’hui, que sortant d’embuscade,
Vous m’en avez conté l’histoire par bravade. (1644-56) - ↑ Var. De voir sitôt finir notre division. (1644 et 48)
- ↑ Var. Prenez sur un appel le loisir d’y rêver,
Sans commencer par où vous devez achever. (1644-56) - ↑ Var. Je viens de tout savoir d’un des gens de Lucrèce. (1644-56)
- ↑ L’édition de 1692 donne seule su, au lieu de vu.
- ↑ Var. Comme il en voit sortir ces deux beautés masquées,
Sans les avoir au nez de plus près remarquées,
Voyant que le carrosse, et chevaux, et cocher,
Étoient ceux de Lucrèce, il suit sans s’approcher,
Et les prenant ainsi pour Lucrèce et Clarice. (1644-56) - ↑ L’édition de 1656 donne, par une erreur évidente, cesse, pour cessez.
- ↑ Var. J’ai fait ce grand vacarme à ce divin objet ? (1644-56)
- ↑ Var. Ou bien, s’il l’a donnée, il l’a donnée en songe, (1644-64)
- ↑ Il y a tes dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille, bien qu’Alcippe d’ordinaire ne tutoie pas Dorante. L’impression de 1692 donne vos.
- ↑ Var. Le voyant resté seul avecque son valet. (1644-56)
- ↑ Var. Et si l’on les veut croire, ont vu chaque campagne. (1644-56)
- ↑ Var. D’une autre toute fraîche il dupe encore Alcippe. (1644-56)
- ↑ Var. Il aura su qu’Alcippe étoit aimé de vous. (1644-56)
- ↑ Var. Quoi ? votre humeur ici lui désobéira ? (1644-56)
- ↑ « Cette métaphore, tirée de l’art des armes, paraît aujourd’hui peu convenable dans la bouche d’une fille parlant à une fille ; mais quand une métaphore est usitée, elle cesse d’être une figure. L’art de l’escrime étant alors beaucoup plus commun qu’aujourd’hui, sortir de garde, être en garde, entrait dans le discours familier, et on employait ces expressions avec les femmes mêmes ; comme on dit à la boule-vue à ceux qui n’ont jamais vu jouer à la boule ; servir sur les deux toits à ceux qui n’ont jamais vu jouer à la paume ; le dessous des cartes, etc. » (Voltaire.)
- ↑ Var. Non, je lui veux parler par curiosité. (1644-56)
- ↑ Var. Et si c’étoit lui-même, il me pourroit connoître. (1644-56)
- ↑ Var. Ne hésiter jamais, et rougir encor moins (a). (1644-60)
(a) Voltaire dit au sujet de ce vers : « Ne hé est dur à l’oreille ; on ne fait plus difficulté de dire aujourd’hui : J’hésite, je n’hésite plus. » - ↑ Les mots à Isabelle manquent dans les deux éditions de 1644 ; et de même avant le vers 941 et le vers 949 les mots à Clarice.
- ↑ Var. Il continue encore à te conter sa chance.
clarice, à Lucrèce. Il continue encor dans la même impudence. (1644-56) - ↑ Telle est ici l’orthographe de toutes les éditions, y compris celle de 1692. Voyez plus bas, p. 236, note 2, le même vers écrit différemment (avec accord du participe) dans plusieurs éditions.
- ↑ Var. Que la foudre à vos yeux m’écrase, si je mens ! (1644-56)
- ↑ Var. Et n’en a vu qu’à coups d’écritoire et de verre. (1644-63)
- ↑ On lit tout autre dans les éditions de 1648-60. Voyez tome I, p. 228, note 3.
- ↑ C’est-à-dire : Vous payez d’imposture. Voyez le Lexique.
- ↑ Voyez ci-dessus les vers 349 et 350, et la Notice, p. 122.
- ↑ Var. [clit. Si jamais cette part tomboit dans le commerce,]
Quelque espoir dont l’appas vous endorme ou vous berce,
Si vous trouviez marchand pour ce trésor caché. (1644-56) - ↑ « Voilà deux vers qui sont passés en proverbe. » (Voltaire.) — Ils sont imités de l’espagnol. Voyez l’Appendice, p. 259.
- ↑ Var. Elle recevra point un accueil moins farouche. (1644-56)
- ↑ Var. Mais de quelques effets que les siens soient suivis. (1644-56)
- ↑ Voyez ci-dessus, p. 138, note 3.