Scène III.
GRIMOALD, GARIBALDE, UNULPHE.
GRIMOALD.
UNULPHE.
Adieu.Que veut Unulphe ?Il est de mon devoir
De vous dire, Seigneur, que chacun le vient voir.
J’ai permis à fort peu de lui rendre visite ;
Mais tous l’ont reconnu pour le vrai Pertharite.
1305Le peuple même parle, et déjà sourdement
On entend des discours semés confusément…
GARIBALDE.
Voyez en quels périls vous jette l’imposture :
Le peuple déjà parle, et sourdement murmure.
Le feu va s’allumer, si vous ne l’éteignez.
1310Pour perdre un imposteur, qu’est-ce que vous craignez ?
La haine d’Édüige, elle qui ne prépare
À vos submissions qu’une fierté barbare ?
Elle que vos mépris ayant mise en fureur,
Rendent opiniâtre à vous mettre en erreur ?
1315Elle qui n’a plus soif que de votre ruine ?
Elle dont la main seule en conduit la machine ?
De semblables malheurs se doivent dédaigner,
Et la vertu timide est mal propre à régner.
Épousez Rodelinde, et malgré son fantôme,
1320Assurez-vous l’État, et calmez le royaume ;
Et livrant l’imposteur à ses mauvais destins,
Ôtez dès aujourd’hui tout prétexte aux mutins.
GRIMOALD.
Oui, je te croirai, duc ; et dès demain sa tête,
Abattue à mes pieds, calmera la tempête.
1325Qu’on le fasse venir, et qu’on mande avec lui
Celle qui de sa fourbe est le second appui,
La reine qui s’en joue et qui par grandeur d’âme[10]
Semble avoir quelque gêne à se nommer sa femme.
GARIBALDE.
Ses pleurs vous toucheront.
GRIMOALD.
Ses pleurs vous toucheront.Je suis armé contre eux.
GARIBALDE.
GRIMOALD.
1330L’amour vous séduira.Je n’en crains point les feux[11] ;
Ils ont peu de pouvoir quand l’âme est résolue.
GARIBALDE.
Agissez donc, Seigneur, de puissance absolue :
Soutenez votre sceptre avec l’autorité
Qu’imprime au front des rois leur propre majesté.
1335Un roi doit pouvoir tout, et ne sait pas bien l’être
Quand au fond de son cœur il souffre un autre maître.
Scène III.
GRIMOALD, GARIBALDE, UNULPHE.
GRIMOALD.
UNULPHE.
Adieu.Que veut Unulphe ?Il est de mon devoir
De vous dire, Seigneur, que chacun le vient voir.
J’ai permis à fort peu de lui rendre visite ;
Mais tous l’ont reconnu pour le vrai Pertharite.
1305Le peuple même parle, et déjà sourdement
On entend des discours semés confusément…
GARIBALDE.
Voyez en quels périls vous jette l’imposture :
Le peuple déjà parle, et sourdement murmure.
Le feu va s’allumer, si vous ne l’éteignez.
1310Pour perdre un imposteur, qu’est-ce que vous craignez ?
La haine d’Édüige, elle qui ne prépare
À vos submissions qu’une fierté barbare ?
Elle que vos mépris ayant mise en fureur,
Rendent opiniâtre à vous mettre en erreur ?
1315Elle qui n’a plus soif que de votre ruine ?
Elle dont la main seule en conduit la machine ?
De semblables malheurs se doivent dédaigner,
Et la vertu timide est mal propre à régner.
Épousez Rodelinde, et malgré son fantôme,
1320Assurez-vous l’État, et calmez le royaume ;
Et livrant l’imposteur à ses mauvais destins,
Ôtez dès aujourd’hui tout prétexte aux mutins.
GRIMOALD.
Oui, je te croirai, duc ; et dès demain sa tête,
Abattue à mes pieds, calmera la tempête.
1325Qu’on le fasse venir, et qu’on mande avec lui
Celle qui de sa fourbe est le second appui,
La reine qui s’en joue et qui par grandeur d’âme[10]
Semble avoir quelque gêne à se nommer sa femme.
GARIBALDE.
Ses pleurs vous toucheront.
GRIMOALD.
Ses pleurs vous toucheront.Je suis armé contre eux.
GARIBALDE.
GRIMOALD.
1330L’amour vous séduira.Je n’en crains point les feux[11] ;
Ils ont peu de pouvoir quand l’âme est résolue.
GARIBALDE.
Agissez donc, Seigneur, de puissance absolue :
Soutenez votre sceptre avec l’autorité
Qu’imprime au front des rois leur propre majesté.
1335Un roi doit pouvoir tout, et ne sait pas bien l’être
Quand au fond de son cœur il souffre un autre maître.