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Ainsi Parlait ZarathoustraHOMMES SUPÉRIEURS QUI, DANS LEUR DÉTRESSE, VIENNENT A ZARATHOUSTRA.

Ainsi Parlait Zarathoustra
Chapitre 87 / 87

HOMMES SUPÉRIEURS QUI, DANS LEUR DÉTRESSE, VIENNENT A ZARATHOUSTRA.

Tentation de retraite, avant qu'il en soit temps, - par l'invitation à la pitié.

1. L'inquiet, le vagabond, le voyageur, qui a désappris d'aimer son peuple, parce qu'il aime beaucoup de peuples, - le bon Européen.

2. Le sombre et ambitieux fils du peuple, farouche, solitaire, prêt à tout, qui choisit la solitude pour ne pas être destructeur, - il s'offre comme instrument.

3. Le plus laid des hommes, qui est obligé de se parer (sens historique) et qui cherche sans cesse un nouveau vêtement: il veut rendre son aspect supportable et finit par aller dans la solitude pour ne pas être vu, - il a honte.

4. L'adorateur des faits ("le cerveau de la sang-sue"), la conscience intellectuelle la plus subtile, affligé d'une mauvaise conscience par excès, - il veut être débarrassé de lui-même.

5. Le poète, aspirant au fond à une sauvage liberté; choisit la solitude et la sévérité de la Connaissance.

6. L'inventeur de nouveaux remèdes enivrants, le musicien, l'enchanteur qui finit par se jeter aux pieds d'un coeur aimant pour s'écrier: "Ne venez pas à moi, c'est à celui-là que je veux vous conduire."
Les hommes trop sobres qui ont un désir de l'ivresse qu'ils ne peuvent satisfaire. Ceux qui ont dépassé l'excès de sobriété.

7. Le génie (considéré comme accès de folie), glacé faute d'amour. "Je ne suis ni un génie ni un dieu." Grande tendresse: "Il faut l'aimer davantage!"

8. Le riche qui a tout donné et qui demande à chacun: " Y a-t-il chez toi de l'abondance? Donne-moi ma part!" - le riche mendiant.

9. Les rois renonçant à régner! "Nous cherchons celui qui est plus digne de régner!" - Contre "l'égalité": le grand homme fait défaut et par conséquent la vénération.

10. Le comédien du bonheur.

11. Le devin pessimiste, qui sent partout la fatigue.

12. Le fou de la grande ville.

13. Le jeune homme de la montagne.

14. La femme (qui cherche l'homme).

15. L'ouvrier et l'arriviste, envieux et amaigri.

16. Les bons. ) et leur folie : "pour Dieu" c'est-à-dire : "pour moi"

17. Les pieux. . )

18. Les saints qui s'honorent eux-mêmes. )


74.


"Je vous ai donné la pensée la plus lourde: peut-être fera-t-elle périr l'humanité, peut-être celle-ci s'élèvera-t-elle par ce fait que les éléments surmontés, hostiles à la vie, sont éliminés." - "Ne pas en vouloir à la vie, mais à vous!" - Détermination de l'homme supérieur en tant que créateur. Organisation des hommes supérieurs, éducation de ceux qui régneront un jour. "Votre prépondérance doit se réjouir d'elle-même en dominant et en façonnant." - "Non seulement l'homme, mais encore le Surhumain, reviennent éternellement."


75.


La souffrance typique du réformateur et aussi ses consolations. Les sept solitudes.

Il est comme au-dessus des temps: sa hauteur lui procure des relations avec les solitaires et les méconnus de tous les temps.

Il se défend seulement encore au moyen de sa beauté.
Il pose sa main sur le millénaire qui va venir.
Son amour grandit avec l'impossibilité où il se trouve de faire le bien par le moyen de cet amour.


76.


L'état d'esprit de Zarathoustra n'est pas la folle impatience du Surhumain. Il est tranquille, il peut attendre. Mais toute action a pris un sens, étant le chemin et le moyen pour y aboutir. Cette action doit être bien faite, d'une façon parfaite.

Tranquillité du grand fleuve! Sanctification de la plus petite chose! Toutes les inquiétudes, tous les désirs violents, tous les dégoûts doivent être exposés dans la troisième partie et surmontés!

La douceur, la bienveillance, etc., dans la première et seconde partie - comme l'indice de la force qui n'est pas encore sûre d'elle-même!

Avec la guérison de Zarathoustra, César se dresse, implacable, plein de bonté. Entre la faculté d'être créateur, la bonté et la sagesse, l'abîme est détruit.

La clarté, le calme, pas de désir exagéré, le bonheur dans le moment bien employé, éternisé!


77.


Zarathoustra III: "Moi-même, je suis heureux." - Lorsqu'il a quitté les hommes il retourne à lui-même. C'est comme un nuage qui se dissipe autour de lui. Le type de la vie, telle que le Surhumain doit la mener: un dieu épicurien.

Une divine souffrance, tel est le contenu du troisième Zarathoustra.

La condition humaine du législateur n'est amenée que comme un exemple.

Son amour violent pour ses amis lui apparaît comme une maladie, - il est de nouveau tranquille.

Lorsque les invitations viennent, il se dérobe doucement.


78.


Dans la quatrième partie il est nécessaire de dire exactement pourquoi le temps du grand Midi vient maintenant. Il s'agit donc de faire une description de l'époque, conditionnée par les visites, mais interprétée par Zarathoustra.

Dans la quatrième partie, il est nécessaire de dire exactement pourquoi "le peuple des élus" devait d'abord être créé - ce sont les natures supérieures, bien venues, en opposition avec les natures mal venues (caractérisées par les visites): à celles-là seulement Zarathoustra peut communiquer les derniers problèmes, à elles seulement il peut faire appel pour une activité en faveur de ses théories (elles sont assez fortes, assez bien portantes et assez dures, avant tout assez nobles!) il peut donner en main le marteau qui régnera sur la terre.


79.


L'harmonie du Créateur, de l'Amant, du Connaisseur dans la puissance.


80.


"L'amour seul doit être juge" - (l'amour qui crée, qui s'oublie lui-même dans son oeuvre).


81.


Zarathoustra ne peut rendre heureux qu'une fois que la hiérarchie est établie. Celle-ci est enseignée en premier lieu.

La hiérachie, appliquée en un système de gouvernement de la terre: les maîtres de la terre, en fin de compte, une nouvelle caste dominante. De cette caste naît, de ci de là, un dieu tout à fait épicuréen, le Surhumain, le transfigurateur de l'existence.

La conception surhumaine du monde. Dionysos. Revenir, avec amour, de ce grand éloignement, vers le plus petit et le plus humble, - Zarathoustra bénissant tous les événements de sa vie et mourant en bénissant.


82.


Nous devons cesser d'être des hommes qui prient, pour devenir des hommes qui bénissent!