EXTRAITS des articles de quelques auteurs
cités dans cet ouvrage.
(A) Il y eut plusieurs Asclépiades. Un
d’eux vivoit sous Trajan, et fut d’abord
rhéteur, et ensuite médecin à Rome. Il
mourut d’une chute, dans un âge très-avancé.
Pline cite ses cinq remèdes : l’abstinence
des viandes et du vin dans certaines
occasions. Les frictions, la promenade
et la voiture.
(B) Jérôme Mercurialis, mort à Forli, sa
patrie, en 1596, à 66 ans, professeur de
médecine à Padoue, à Bologne et à Pise.
Ses compatriotes lui érigèrent une statue.
Ami généreux, vivant avec éclat, et charitable
envers les pauvres ; il n’en laissa
pas moins 120,000 écus d’or à ses héritiers.
Il étoit de belle taille, de bonne mine,
d’une grande douceur et d’une piété exemplaire.
Il a laissé des ouvrages pleins d’érudition.
1o. De arte Gymnasticâ, 1602, in-4o.
2o. De morbis mulierum, 1601, in-4o. 3o. Des
notes sur Hyppocrate et sur Pline l’ancien.
(C) Thomas Campanella, dominicain calabrois,
emprisonné 27 ans pour avoir montré
plus d’esprit qu’un vieux professeur de
son ordre. Il eut sept fois la question, pendant
vingt-quatre heures de suite, et ne
fut élargi qu’à la sollicitation du pape Urbain
VIII. Il vint à Paris, protégé (en
1624) par le cardinal de Richelieu, et y
mourut en 1639, à 71 ans, pour avoir pris
de l’antimoine. Nous avons de lui un ouvrage
intitulé : Atheismus triumphatus, et
plusieurs autres.
(D) Jean Pic, prince de la Mirandole et
de la Concorde, né en 1463, d’une famille
illustre, fut dès sa plus tendre jeunesse,
un prodige de mémoire et de science, et
qui, dit-on, possédoit vingt-deux langues
à l’âge de dix-huit ans. Ses ouvrages sont
recueillis en un vol. in-fol. Bâle 1601.
1o. Des livres sur le commencement de La Genèse.
2o. Un traité de la dignité de l’homme.
3o. De l’être de l’univers. 4o. Règles de la
vie chrétienne. 5o. Traité du royaume de J.
C. et la vanité du monde. 6o. Trois livres
sur le banquet de Platon. 7o. Une exposition
de l’oraison dominicale. 8o. Un livre de
lettres. 9o. Disputationes adversùs astrologiam
divinatricem. Bologne 1495. in-folio, rare.
(E) Jean Nevisan, jurisconsulte Italien,
natif d’Asti, mort en 1540, étudia le droit
à Padoue, et l’enseigna à Turin. Son principal
ouvrage est celui que cite ici Meibomius,
Sylæ nuptialis, lib. 6. in quibus matrimonii,
dotium, filiationis, adulterii materia
discutitur. Lyon 1772, in-8. liv. curieux,
qui souleva tout le beau sexe contre lui.
(F) Ludovicus Cœlius Rhodoginus, né à
Rowigo, dans l’état de Venise, en 1450,
savant dans le latin et le grec, professeur
à Milan et ensuite à Padoue, où il mourut
en 1525, à soixante-quinze ans ; son
nom de famille étoit Richeri ; Jules César
Scaliger fut son disciple, et les talens de
l’élève justifient les éloges qu’il prodigua
à son maître, en l’appellant le Varron de
son temps. Rhodiginus fit un voyage en
France, et Charles VIII le combla de bienfaits.
Il fut enterré dans le couvent de St.-François,
à Rowigo. Balthazar de Bonifaci,
archidiacre de Trévigi, fit son éloge
funèbre, qu’il termine par ce distique.
A Duplici patriâ nactus cognomina bina,
Cælius in cælis, hic Rhodiginus eris.
Son principal ouvrage est celui : des Anciennes
leçons, en trente livres.
(G) Tout le monde lettré connoît le fameux
André Tiraqueau, né à Fontenay-le-Comte,
dont il fut lieutenant-civil, et mort
en 1558, dans un âge très-avancé. Il fut
conseiller au parlement de Paris, et rendit
beaucoup de services à la France sous François
I et Henri II. Juge intègre, et savant
infatigable, ses occupations ne l’empêchèrent
pas de donner au public un grand nombre
d’excellens ouvrages. Il fit vingt enfans
et vingt ouvrages. Il fut l’ami du fameux
chancelier de l’hôpital. On lui fit
cette épitaphe. Hic jacet qui aquam bibendo,
viginti liberos suscepit, viginti libros edidit. Si
merum bibisset, totum orbem implesset. Ainsi
traduite par Desforges Maillard.
Ci gît le fameux Tiraqueau,
Ce grand commentateur de loix et de coutumes,
Qui ne but jamais que de l’eau,
Eut vingt enfans, fit vingt volumes :
On croit que cet homme divin,
Dont la verve étoit si féconde,
De ses productions auroit rempli le monde,
Si, comme un autre, il avoit bu du vin.
[Voyez le journal historique de Verdun
sur les matières du temps. Oct. 1752, p.
284.].
(H) Othon Brunfels, fils d’un tonnelier
de Mayence, ainsi nommé du bourg où
il nâquit, se distingua dans les lettres, les
langues savantes et la théologie et fut
religieux à la chartreuse de Mayence. Il
étoit valétudinaire, inquiet, mélancolique,
inconstant et fâcheux avec ses amis. Il fut
un des premiers qui suivirent Luther, sortit
secrétement du monastère et se retira à
Strasbourg, ensuite à Basle, où il fut reçu
médecin en 1530. Revenu à Strasbourg,
et de là envoyé à Berne, il y mourut six
mois après, le 23 Octobre 1534, d’une maladie
inconnue aux médecins, ayant la poitrine
toute en feu, et la langue noire comme
du charbon. Ses ouvrages sur la médecine,
sont : 1o. Catalogus illustrium medicorum.
2o. Onomasticon medicinæ, etc.
(I) Fr. Junctinus ou Giuntino, mathématicien
florentin, d’abord carme, ensuite
apostat, est auteur des commentaires
latins sur la sphère de Sacro Bosco, et
mourut vers la fin du seizième siècle.
Il vécut errant, inquiet et libertin, et fut
accablé sous les ruines de sa bibliothèque.
L’astrologie judiciaire sur laquelle il fit
divers ouvrages, ne lui avoit pas annoncé
ce genre de mort, dont il se seroit préservé.
(K) Marsilio Cagnati de Véronne, professeur
de médecine à Rome, sous le pontificat
de Clément VIII et Paul V. Il étudia
à Padoue, sous Zabarella, et se fit une
grande réputation dans les langues, les
belles lettres, la philosophie et la médecine.
C’étoit un homme très-mélancolique, sévère,
parlant très-peu, mais avec beaucoup
d’éloquence et de facilité. Nous avons
de lui : De Sanitate tuendâ libri 2. opuscula
varia ; varia Lectiones, etc.
(L) Origène, surnommé Adamantius, à
cause de son assiduité au travail, nâquit
à Alexandrie, l’an 185 de J. C. Tout le
monde connoît cet homme étonnant pour
le savoir, le courage dans les persécutions,
la grande piété et les nombreux ouvrages
qu’il a laissés. Léonide son père
avoit tant de vénération pour lui qu’il
alloit lui baiser la poitrine pendant qu’il
dormoit. Origène à 18 ans fut chargé d’instruire
les fidèles d’Alexandrie. Les femmes
fréquentant son école, il crut fermer la
bouche à la calomnie, en se faisant lui-même
l’opération douloureuse, qui le privoit
des organes de la génération, s’imaginant
être autorisé à cette cruauté par un
passage de l’écriture : mais ce fut précisément
ce qui lui ferma tous les chemins aux
dignités ecclésiastiques.
Voyez Bayle. Lucien, tom. 3, et le traité
des Eunuques de M. Charles Ancillon, première
partie, chap. 5, art. Vallesiens.
(M) Isidore (Saint) de Séville, fils d’un
gouverneur de Carthagène, élevé par Léandre
son frère, évêque de Séville. Il fit entre
autres ouvrages vingt livres d’Origines ou
Etymologies. Il succéda à son frère en 601,
et mourut en saint en 636, également regretté
des savans, des pauvres et de toute
l’Espagne dont il étoit l’oracle. Le concile
de Tolède, de 653, l’appelle le docteur de
son siècle et le nouvel ornement de l’église. La
meilleure édition de ses ouvrages est celle
de Dom Dubreuil, bénédictin. Paris 1601,
et Cologne 1613, in-folio.
(N) Aetius ou Aece, médecin d’Amide,
ville de Mésopotamie, sur le Tibre, étudia
à Alexandrie, sur la fin du quatorzième siécle.
Il fut le premier médecin chrétien qui
laissa des écrits sur la médecine. Il suivit
la méthode des Egyptiens, excella dans la
chirurgie et les maladies des yeux. L’ouvrage
dont il est question, qui a pour titre : Tetrabiblos
est en seize livres. Les huit premiers
sont imprimés en grec, chez Alde ;
Venise, 1534, in-fol. Et les huit dernier,
M. SS. dans la bibliothèque de l’empereur,
à Vienne. C’est une compilation, mais
pleine de choses qu’on chercheroit vainement
ailleurs. Elle a été traduite en latin
par Janus Cornarus, et imprimée à Bâle,
chez Forben 1542, sous ce titre : Contracta
ex veteribus medicina : etc.
(O) Nicolas Perrot, né à Sasso-Ferrato,
d’une famille illustre, mais pauvre. Il fut
conclaviste du Cardinal Bessarion, après la
mort du Pape Paul III, Gouverneur de Pérouse,
ensuite de l’Ombrie, et archevêque
de Siponto en 1458, et mourut en 1480 à
Fugicura, sa maison de plaisance, auprès
de sa patrie. Ses ouvrages sont : 1o. Traduction
des cinq premiers livres de Polybe.
2o. Traité sur le serment d’Hyppocrate. 3o. Du
Manuel d’Epictète. 4o. Du Commentaire
de Simplicius, sur la physique d’Aristote.
5o. Des Harangues. 6o. Des Lettres. 7o. Des
Poésies Italiennes. 8o. Des Commentaires
sur le Stace. 9o. De generibus Metrorum.
10o. De Horatii Flacci ac Severini metris.
11o. Cornucopia, seu latinæ linguæ commentarius
(sur Martial.) 1513 in-fol.
12o. Rudimenta Grammatices. Rome 1475,
in-fol. Cette dernière édition est très-rare.
(P) Quintus-Septimius-Florens Tertullianus,
prêtre de Carthage, et fils d’un centenier
dans la milice, sous le Proconsul d’Afrique,
mourut vers l’an 216, sous le règne
d’Antonin Caracalla. Il se fit chrétien, et
fut le plus éloquent défenseur du christianisme,
avant qu’il eût embrassé le Montanisme.
La meilleure édit. des ouvrages de
ce père illustre de l’Eglise est celle de Venise,
en 1746. Vassoult a donné en 1714 et
1715, une belle traduction de son Apologie
pour les Chrétiens, avec des notes. Thomas,
seigneur du Fossé, sous le nom de la
Motte, a donné une excellente vie de Tertullien
et d’Origène.
(Q) Nicolas de Lyre, ainsi nommé du lieu
de sa naissance, petite ville de Normandie,
entre Séez et Evreux. Il étoit né Juif, et
étudia sous les Rabbins, mais il se convertit
et prit l’habit des Frères Mineurs,
en 1292. Cet auteur possédoit très-bien la
langue hébraïque. La Reine Jeanne, Comtesse
de Bourgogne, et femme de Philippe V,
dit le Long, le nomma un des exécuteurs
de son testament, en 1325. Il mourut Provincial
de son ordre, à Paris en 1340. Nous
avons de lui entr’autres ouvrages : des Postilles,
ou petits commentaires sur la Bible.
Lyon, 1596.
(R) Avicenne, Philosophe et Médecin
Arabe, de Bochara en Perse, né l’an 370,
de l’Egire, Médecin et Visir du Sultan Cabous,
et mort de ses débauches, l’an 428,
à 56 ans. Cet homme avec une mémoire
prodigieuse, et sachant l’alcoran par cœur
et les livres de Métaphysique d’Aristote, les
lut quarante fois sans y rien entendre. Ses
ouvrages ont été imprimés à Rome, en
arabe, par les soins de Sixte IV, en 1489,
et traduits en latin par Gérard de Crémone,
André Alpagus et autres. 1o. Canonum Medicinæ,
lib. 4. 2o. De Medicinis Cordialibus.
3o. Cantica. 4o. Opera philosophica, etc.
(S) Fulgentius Placiades, Evêque de Carthage
dans le sixième siècle, auteur de trois
livres de Mythologie, imprimés par les
soins de Jacques Comelin, en 1599, avec
Hyginus, Julius Firmicus Maternus et Alberic.
La première édit. est celle d’Ausbourg
1517, avec des notes de Jacques Locher.
On lui attribue encore un livre de
l’allégorie de Virgile, adressé à Chalcide
le Grammairien.
(T) Nemesius, Philosophe Chrétien, natif
et Evêque d’Emese en Phénicie, sur la
fin du quatrième siècle. Nous avons de lui
un livre De la nature de l’homme, qui se
trouve grec et latin dans la bibliothèque des
Pères, et où il soutient la préexistence des
ames. Ses mœurs honorèrent la Philosophie
et la Religion.
(U) Sennert (Daniel) fils d’un Cordonnier
de Breslaw, né en 1572, devint Docteur
et Professeur en médecine à Wirtemberg,
et mourut de la peste en 1637, à
soixante-cinq ans. Ses ouvrages furent imprimés
à Venise en 1640, 3 vol. in-fol. et
plusieurs fois depuis. Ils forment une bibliothèque
complette de médecine, et valent
beaucoup mieux que plusieurs de nos
modernes écrits. Sa passion pour la Chymie,
sa liberté à refuter les anciens, et la
singularité de ses opinions lui firent beaucoup
d’ennemis. Il suivit la méthode de Galien.
André Sennert, son fils, mort à Wirtemberg
en 1689, à quatre-vingt-quatre ans,
y enseigna pendant cinquante-un ans les
langues orientales, et soutint par plusieurs
gros livres, la réputation de son père.
(V) Oribase de Pergame, disciple de Zénon
de Chypre, et médecin de Julien l’Apostat,
qui le fit Questeur à Constantinople. Exilé
sous les Empereurs suivans, il se fit estimer
des barbares même, par sa vertu. Rappellé
par la suite, il mourut au commencement
du cinquième siècle. Le plus estimé de ses
divers ouvrages, imprimés à Bâle, en 1557,
3 vol. in-folio, est son livre des Collections,
entrepris à la prière de Julien, et puisé dans
Galien et autres. Il ne nous reste que dix-sept
livres de cet ouvrage, qui en avoit
soixante-douze.
EXTRAITS des articles de quelques auteurs
cités dans cet ouvrage.
(A) Il y eut plusieurs Asclépiades. Un
d’eux vivoit sous Trajan, et fut d’abord
rhéteur, et ensuite médecin à Rome. Il
mourut d’une chute, dans un âge très-avancé.
Pline cite ses cinq remèdes : l’abstinence
des viandes et du vin dans certaines
occasions. Les frictions, la promenade
et la voiture.
(B) Jérôme Mercurialis, mort à Forli, sa
patrie, en 1596, à 66 ans, professeur de
médecine à Padoue, à Bologne et à Pise.
Ses compatriotes lui érigèrent une statue.
Ami généreux, vivant avec éclat, et charitable
envers les pauvres ; il n’en laissa
pas moins 120,000 écus d’or à ses héritiers.
Il étoit de belle taille, de bonne mine,
d’une grande douceur et d’une piété exemplaire.
Il a laissé des ouvrages pleins d’érudition.
1o. De arte Gymnasticâ, 1602, in-4o.
2o. De morbis mulierum, 1601, in-4o. 3o. Des
notes sur Hyppocrate et sur Pline l’ancien.
(C) Thomas Campanella, dominicain calabrois,
emprisonné 27 ans pour avoir montré
plus d’esprit qu’un vieux professeur de
son ordre. Il eut sept fois la question, pendant
vingt-quatre heures de suite, et ne
fut élargi qu’à la sollicitation du pape Urbain
VIII. Il vint à Paris, protégé (en
1624) par le cardinal de Richelieu, et y
mourut en 1639, à 71 ans, pour avoir pris
de l’antimoine. Nous avons de lui un ouvrage
intitulé : Atheismus triumphatus, et
plusieurs autres.
(D) Jean Pic, prince de la Mirandole et
de la Concorde, né en 1463, d’une famille
illustre, fut dès sa plus tendre jeunesse,
un prodige de mémoire et de science, et
qui, dit-on, possédoit vingt-deux langues
à l’âge de dix-huit ans. Ses ouvrages sont
recueillis en un vol. in-fol. Bâle 1601.
1o. Des livres sur le commencement de La Genèse.
2o. Un traité de la dignité de l’homme.
3o. De l’être de l’univers. 4o. Règles de la
vie chrétienne. 5o. Traité du royaume de J.
C. et la vanité du monde. 6o. Trois livres
sur le banquet de Platon. 7o. Une exposition
de l’oraison dominicale. 8o. Un livre de
lettres. 9o. Disputationes adversùs astrologiam
divinatricem. Bologne 1495. in-folio, rare.
(E) Jean Nevisan, jurisconsulte Italien,
natif d’Asti, mort en 1540, étudia le droit
à Padoue, et l’enseigna à Turin. Son principal
ouvrage est celui que cite ici Meibomius,
Sylæ nuptialis, lib. 6. in quibus matrimonii,
dotium, filiationis, adulterii materia
discutitur. Lyon 1772, in-8. liv. curieux,
qui souleva tout le beau sexe contre lui.
(F) Ludovicus Cœlius Rhodoginus, né à
Rowigo, dans l’état de Venise, en 1450,
savant dans le latin et le grec, professeur
à Milan et ensuite à Padoue, où il mourut
en 1525, à soixante-quinze ans ; son
nom de famille étoit Richeri ; Jules César
Scaliger fut son disciple, et les talens de
l’élève justifient les éloges qu’il prodigua
à son maître, en l’appellant le Varron de
son temps. Rhodiginus fit un voyage en
France, et Charles VIII le combla de bienfaits.
Il fut enterré dans le couvent de St.-François,
à Rowigo. Balthazar de Bonifaci,
archidiacre de Trévigi, fit son éloge
funèbre, qu’il termine par ce distique.
A Duplici patriâ nactus cognomina bina,
Cælius in cælis, hic Rhodiginus eris.
Son principal ouvrage est celui : des Anciennes
leçons, en trente livres.
(G) Tout le monde lettré connoît le fameux
André Tiraqueau, né à Fontenay-le-Comte,
dont il fut lieutenant-civil, et mort
en 1558, dans un âge très-avancé. Il fut
conseiller au parlement de Paris, et rendit
beaucoup de services à la France sous François
I et Henri II. Juge intègre, et savant
infatigable, ses occupations ne l’empêchèrent
pas de donner au public un grand nombre
d’excellens ouvrages. Il fit vingt enfans
et vingt ouvrages. Il fut l’ami du fameux
chancelier de l’hôpital. On lui fit
cette épitaphe. Hic jacet qui aquam bibendo,
viginti liberos suscepit, viginti libros edidit. Si
merum bibisset, totum orbem implesset. Ainsi
traduite par Desforges Maillard.
Ci gît le fameux Tiraqueau,
Ce grand commentateur de loix et de coutumes,
Qui ne but jamais que de l’eau,
Eut vingt enfans, fit vingt volumes :
On croit que cet homme divin,
Dont la verve étoit si féconde,
De ses productions auroit rempli le monde,
Si, comme un autre, il avoit bu du vin.
[Voyez le journal historique de Verdun
sur les matières du temps. Oct. 1752, p.
284.].
(H) Othon Brunfels, fils d’un tonnelier
de Mayence, ainsi nommé du bourg où
il nâquit, se distingua dans les lettres, les
langues savantes et la théologie et fut
religieux à la chartreuse de Mayence. Il
étoit valétudinaire, inquiet, mélancolique,
inconstant et fâcheux avec ses amis. Il fut
un des premiers qui suivirent Luther, sortit
secrétement du monastère et se retira à
Strasbourg, ensuite à Basle, où il fut reçu
médecin en 1530. Revenu à Strasbourg,
et de là envoyé à Berne, il y mourut six
mois après, le 23 Octobre 1534, d’une maladie
inconnue aux médecins, ayant la poitrine
toute en feu, et la langue noire comme
du charbon. Ses ouvrages sur la médecine,
sont : 1o. Catalogus illustrium medicorum.
2o. Onomasticon medicinæ, etc.
(I) Fr. Junctinus ou Giuntino, mathématicien
florentin, d’abord carme, ensuite
apostat, est auteur des commentaires
latins sur la sphère de Sacro Bosco, et
mourut vers la fin du seizième siècle.
Il vécut errant, inquiet et libertin, et fut
accablé sous les ruines de sa bibliothèque.
L’astrologie judiciaire sur laquelle il fit
divers ouvrages, ne lui avoit pas annoncé
ce genre de mort, dont il se seroit préservé.
(K) Marsilio Cagnati de Véronne, professeur
de médecine à Rome, sous le pontificat
de Clément VIII et Paul V. Il étudia
à Padoue, sous Zabarella, et se fit une
grande réputation dans les langues, les
belles lettres, la philosophie et la médecine.
C’étoit un homme très-mélancolique, sévère,
parlant très-peu, mais avec beaucoup
d’éloquence et de facilité. Nous avons
de lui : De Sanitate tuendâ libri 2. opuscula
varia ; varia Lectiones, etc.
(L) Origène, surnommé Adamantius, à
cause de son assiduité au travail, nâquit
à Alexandrie, l’an 185 de J. C. Tout le
monde connoît cet homme étonnant pour
le savoir, le courage dans les persécutions,
la grande piété et les nombreux ouvrages
qu’il a laissés. Léonide son père
avoit tant de vénération pour lui qu’il
alloit lui baiser la poitrine pendant qu’il
dormoit. Origène à 18 ans fut chargé d’instruire
les fidèles d’Alexandrie. Les femmes
fréquentant son école, il crut fermer la
bouche à la calomnie, en se faisant lui-même
l’opération douloureuse, qui le privoit
des organes de la génération, s’imaginant
être autorisé à cette cruauté par un
passage de l’écriture : mais ce fut précisément
ce qui lui ferma tous les chemins aux
dignités ecclésiastiques.
Voyez Bayle. Lucien, tom. 3, et le traité
des Eunuques de M. Charles Ancillon, première
partie, chap. 5, art. Vallesiens.
(M) Isidore (Saint) de Séville, fils d’un
gouverneur de Carthagène, élevé par Léandre
son frère, évêque de Séville. Il fit entre
autres ouvrages vingt livres d’Origines ou
Etymologies. Il succéda à son frère en 601,
et mourut en saint en 636, également regretté
des savans, des pauvres et de toute
l’Espagne dont il étoit l’oracle. Le concile
de Tolède, de 653, l’appelle le docteur de
son siècle et le nouvel ornement de l’église. La
meilleure édition de ses ouvrages est celle
de Dom Dubreuil, bénédictin. Paris 1601,
et Cologne 1613, in-folio.
(N) Aetius ou Aece, médecin d’Amide,
ville de Mésopotamie, sur le Tibre, étudia
à Alexandrie, sur la fin du quatorzième siécle.
Il fut le premier médecin chrétien qui
laissa des écrits sur la médecine. Il suivit
la méthode des Egyptiens, excella dans la
chirurgie et les maladies des yeux. L’ouvrage
dont il est question, qui a pour titre : Tetrabiblos
est en seize livres. Les huit premiers
sont imprimés en grec, chez Alde ;
Venise, 1534, in-fol. Et les huit dernier,
M. SS. dans la bibliothèque de l’empereur,
à Vienne. C’est une compilation, mais
pleine de choses qu’on chercheroit vainement
ailleurs. Elle a été traduite en latin
par Janus Cornarus, et imprimée à Bâle,
chez Forben 1542, sous ce titre : Contracta
ex veteribus medicina : etc.
(O) Nicolas Perrot, né à Sasso-Ferrato,
d’une famille illustre, mais pauvre. Il fut
conclaviste du Cardinal Bessarion, après la
mort du Pape Paul III, Gouverneur de Pérouse,
ensuite de l’Ombrie, et archevêque
de Siponto en 1458, et mourut en 1480 à
Fugicura, sa maison de plaisance, auprès
de sa patrie. Ses ouvrages sont : 1o. Traduction
des cinq premiers livres de Polybe.
2o. Traité sur le serment d’Hyppocrate. 3o. Du
Manuel d’Epictète. 4o. Du Commentaire
de Simplicius, sur la physique d’Aristote.
5o. Des Harangues. 6o. Des Lettres. 7o. Des
Poésies Italiennes. 8o. Des Commentaires
sur le Stace. 9o. De generibus Metrorum.
10o. De Horatii Flacci ac Severini metris.
11o. Cornucopia, seu latinæ linguæ commentarius
(sur Martial.) 1513 in-fol.
12o. Rudimenta Grammatices. Rome 1475,
in-fol. Cette dernière édition est très-rare.
(P) Quintus-Septimius-Florens Tertullianus,
prêtre de Carthage, et fils d’un centenier
dans la milice, sous le Proconsul d’Afrique,
mourut vers l’an 216, sous le règne
d’Antonin Caracalla. Il se fit chrétien, et
fut le plus éloquent défenseur du christianisme,
avant qu’il eût embrassé le Montanisme.
La meilleure édit. des ouvrages de
ce père illustre de l’Eglise est celle de Venise,
en 1746. Vassoult a donné en 1714 et
1715, une belle traduction de son Apologie
pour les Chrétiens, avec des notes. Thomas,
seigneur du Fossé, sous le nom de la
Motte, a donné une excellente vie de Tertullien
et d’Origène.
(Q) Nicolas de Lyre, ainsi nommé du lieu
de sa naissance, petite ville de Normandie,
entre Séez et Evreux. Il étoit né Juif, et
étudia sous les Rabbins, mais il se convertit
et prit l’habit des Frères Mineurs,
en 1292. Cet auteur possédoit très-bien la
langue hébraïque. La Reine Jeanne, Comtesse
de Bourgogne, et femme de Philippe V,
dit le Long, le nomma un des exécuteurs
de son testament, en 1325. Il mourut Provincial
de son ordre, à Paris en 1340. Nous
avons de lui entr’autres ouvrages : des Postilles,
ou petits commentaires sur la Bible.
Lyon, 1596.
(R) Avicenne, Philosophe et Médecin
Arabe, de Bochara en Perse, né l’an 370,
de l’Egire, Médecin et Visir du Sultan Cabous,
et mort de ses débauches, l’an 428,
à 56 ans. Cet homme avec une mémoire
prodigieuse, et sachant l’alcoran par cœur
et les livres de Métaphysique d’Aristote, les
lut quarante fois sans y rien entendre. Ses
ouvrages ont été imprimés à Rome, en
arabe, par les soins de Sixte IV, en 1489,
et traduits en latin par Gérard de Crémone,
André Alpagus et autres. 1o. Canonum Medicinæ,
lib. 4. 2o. De Medicinis Cordialibus.
3o. Cantica. 4o. Opera philosophica, etc.
(S) Fulgentius Placiades, Evêque de Carthage
dans le sixième siècle, auteur de trois
livres de Mythologie, imprimés par les
soins de Jacques Comelin, en 1599, avec
Hyginus, Julius Firmicus Maternus et Alberic.
La première édit. est celle d’Ausbourg
1517, avec des notes de Jacques Locher.
On lui attribue encore un livre de
l’allégorie de Virgile, adressé à Chalcide
le Grammairien.
(T) Nemesius, Philosophe Chrétien, natif
et Evêque d’Emese en Phénicie, sur la
fin du quatrième siècle. Nous avons de lui
un livre De la nature de l’homme, qui se
trouve grec et latin dans la bibliothèque des
Pères, et où il soutient la préexistence des
ames. Ses mœurs honorèrent la Philosophie
et la Religion.
(U) Sennert (Daniel) fils d’un Cordonnier
de Breslaw, né en 1572, devint Docteur
et Professeur en médecine à Wirtemberg,
et mourut de la peste en 1637, à
soixante-cinq ans. Ses ouvrages furent imprimés
à Venise en 1640, 3 vol. in-fol. et
plusieurs fois depuis. Ils forment une bibliothèque
complette de médecine, et valent
beaucoup mieux que plusieurs de nos
modernes écrits. Sa passion pour la Chymie,
sa liberté à refuter les anciens, et la
singularité de ses opinions lui firent beaucoup
d’ennemis. Il suivit la méthode de Galien.
André Sennert, son fils, mort à Wirtemberg
en 1689, à quatre-vingt-quatre ans,
y enseigna pendant cinquante-un ans les
langues orientales, et soutint par plusieurs
gros livres, la réputation de son père.
(V) Oribase de Pergame, disciple de Zénon
de Chypre, et médecin de Julien l’Apostat,
qui le fit Questeur à Constantinople. Exilé
sous les Empereurs suivans, il se fit estimer
des barbares même, par sa vertu. Rappellé
par la suite, il mourut au commencement
du cinquième siècle. Le plus estimé de ses
divers ouvrages, imprimés à Bâle, en 1557,
3 vol. in-folio, est son livre des Collections,
entrepris à la prière de Julien, et puisé dans
Galien et autres. Il ne nous reste que dix-sept
livres de cet ouvrage, qui en avoit
soixante-douze.