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L'Arlésienne : Pièce en trois actes et cinq tableauxChapitre 8 / 43

SCÈNE V.

LES MÊMES, FRÉDERI, puis BALTHAZAR
et L’INNOCENT.

FRÉDERI, entrant en courant.

Ma mère, tout va bien... embrasse-moi... Oh! que je suis heureux!

TOUS.

Et ton oncle?

FRÉDERI.

Il est là... il descend de voiture... Pauvre homme! Je l’ai mené si vite... il a les reins rompus.

ROSE, riant.

Oh! le méchant garçon.

FRÉDERI.

Tu comprends, je languissais de t’apporter la bonne nouvelle... Embrasse-moi encore...

ROSE.

Tu l’aimes donc bien, ton Arlésienne?...

FRÉDERI.

Si je l’aime!...

ROSE.

Plus que moi?...

FRÉDERI.

Oh! ma mère!... (Prenant le bras de sa mère.) Viens chercher mon oncle! (Ils descendent dans le fond.)

VIVETTE, sur le devant de la scène.

Il ne m’a même pas regardée.

BALTHAZAR, s’approchant avec l’Innocent.

Qu’est-ce que tu as, petite?...

VIVETTE, ramassant son paquet.

Moi?... rien... c’est la chaleur... le bateau... le... Oh! oh! mon Dieu!...

L’INNOCENT.

Pleure pas, Vivette... je dirai rien à Fréderi...

BALTHAZAR.

Bonheur de l’un, chagrin pour l’autre : voilà la vie.

FRÉDERI, dans le fond, agitant son chapeau.

Vive le patron Marc!