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L'Arlésienne : Pièce en trois actes et cinq tableauxChapitre 10 / 43

SCÈNE VII.

LES MÊMES, UN VIEUX MATELOT.

Il entre avec une espèce de grognement sourd et salue de droite à gauche; il sue; il est chargé de fusils, de carnassières, de grandes bottes de marais.

LE PATRON MARC.

Tout l’équipage n’est pas là! Nous avons encore le mousse; mais il est resté à Arles pour surveiller le radoubage. Arrive, arrive, matelot; tu salueras dimanche... Tu as descendu mes bottes, mon fusil?

L’ÉQUIPAGE.

Oui, patron...

LE PATRON, furieux, à demi-voix.

Appelle-moi donc capitaine, animal!

L’ÉQUIPAGE.

Oui, patr...

LE PATRON MARC.

C’est bon! entre tout ça là-dedans. (Le matelot entre dans la ferme.) Il n’est pas très-ouvert; mais c’est un fier homme.

FRANCET MAMAÏ.

Dis donc, Rose, il a l’air d’avoir grand soif, l’équipage!...

LE PATRON.

Et le capitaine donc!... Deux heures de tangage, au soleil, dans cette satanée carriole.

ROSE.

Eh bien! entrons... Le père vient tout juste de mettre en perce une barriquette de muscat à ton intention.

LE PATRON.

Fameux, le muscat de Castelet... Avec le ratafia de la demoiselle, ça va vous faire une jolie cave... (Prenant le bras de Fréderi.) Arrive ici, garçon; nous allons boire à ton amoureuse.