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L'Arlésienne : Pièce en trois actes et cinq tableauxChapitre 11 / 43

SCÈNE VIII.

BALTHAZAR, puis LE GARDIEN.

BALTHAZAR, seul.

Pauvre petite Vivette!... La voilà en deuil pour toute sa vie... Aimer sans rien dire et souffrir!... Ce sera sa planète à elle, comme à sa grand’mère... (Il allume sa pipe. — Long silence. — Chœur dans la coulisse. — En relevant la tête, il aperçoit le Gardien, debout, dans l’encadrement de la grande porte, son fouet court en bandoulière, la veste sur l’épaule, un sac de cuir à la ceinture.) Tiens!... qu’est-ce qu’il veut, celui-là?

LE GARDIEN, s’avançant.

C’est bien Castelet ici, berger?...

BALTHAZAR.

Ça m’en a l’air.

LE GARDIEN.

Est-ce que le maître est là?...

BALTHAZAR, montrant la ferme.

Entre!... ils sont à table.

LE GARDIEN, vivement.

Non! non!... je n’entre pas... appelez-le.

BALTHAZAR, le regardant curieusement.

Tiens!... c’est drôle. (Il appelle.) Francet!... Francet!...

FRANCET MAMAÏ, sur la porte.

Qu’est ce qu’il y a?

BALTHAZAR.

Viens donc voir... il y a là un homme qui veut te parler...