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L’Éducation sentimentale, éd. Conard, 1910Chapitre 23 / 30

IV

Il n’est pas douteux que Flaubert n’ait voulu traiter d’histoire politique en écrivant l’Éducation sentimentale. « Il s’imaginait… avoir résumé dans ces deux volumes la science économique de notre temps, avoir expliqué les aspirations sociales, les tendances révolutionnaires dont la France est tourmentée et avoir ainsi produit une œuvre d’un intérêt exceptionnel »[49].

Au reste il avait travaillé dans ce sens. Le côté historique du livre le préoccupait beaucoup. « Je brûle la Révolution de 48 avec fureur, écrivait-il à son ami Louis Bouilhet. Sais-tu combien j’ai lu et annoté de volumes depuis six semaines ? 27, mon bon, ce qui ne m’a pas empêché d’écrire dix pages »[50].

Enfin, il avait vécu les années qu’il voulait raconter et il utilisait ses souvenirs personnels : « Je connais le livre de Tenot, qui ne m’a rien appris de neuf, car j’ai assisté de ma personne au coup d’État, et j’ai même manqué rester sur le trottoir. Des gens ont été tués sous mes yeux ; je ne sais comment je l’ai échappé »[51].

Flaubert manquait absolument de sens politique. Ses opinions diverses et contradictoires, qu’il émet dans sa correspondance, nous le prouvent surabondamment[52]. Il n’aimait pas la politique, elle ne l’intéressait pas. Maxime Du Camp nous rapporte à ce sujet une anecdote de l’année 1866 : «… Un lundi soir, Flaubert arriva chez moi, furieux et rugissant. Il me raconta qu’il venait de quitter le dîner où ses amis étaient rassemblés, parce que l’on y parlait politique et que c’était indécent pour des gens d’esprit. « La Prusse, disait-il, l’Autriche, qu’est-ce que cela peut nous faire ! Ces hommes-là ont des prétentions à être des philosophes, et ils s’occupent de savoir si les habits bleus ont battu les habits blancs ; ce ne sont que des bourgeois, et ça me fait pitié de voir X et Y et Z perdre leur temps à discuter des annexions, des ratifications de frontières, des dislocations, des reconstitutions de pays, comme s’il n’y avait rien de mieux à faire, comme s’il n’y avait plus de beaux vers à réciter et de prose sonore à écrire !… Nous ne sommes ni Français, ni Algonquins ; nous sommes artistes, l’art est notre patrie ; au diable soient ceux qui en ont une autre ! » Parole emportée, qui n’impliquait rien contre le patriotisme, car Flaubert a souffert jusqu’aux larmes, jusqu’à la maladie, lorsque la France recula devant l’Allemagne. »[53]

Flaubert lui-même disait que de toute la politique il ne comprenait qu’une chose : « l’émeute »[54].

Que cela tienne à son inaptitude ou à son pessimisme il n’a pris parti à aucun passage de son livre. C’est à peine, si, en rapprochant certaines pages de sa correspondance d’un discours de Deslauriers (il serait temps de traiter la politique scientifiquement…, p. 253), on peut trouver des idées personnelles de l’auteur. Et encore faut-il connaître la correspondance ; la seule lecture de cette tirade n’indique pas que Flaubert ait voulu faire sien le programme exposé par un personnage somme toute désagréable.

Une chose le disposait à juger sévèrement le gouvernement et la société de la Monarchie de Juillet, c’était son hostilité à l’égard de tout ce qui était bourgeois. « … Car il avait la haine du « bourgeois » et employait constamment ce terme, mais dans sa bouche il était synonyme d’être médiocre, envieux, ne vivant que d’apparence de vertu et insultant toute grandeur et toute beauté »[55].

La personne de Louis-Philippe était plutôt antipathique à Flaubert, si nous en croyons cette anecdote racontée par lui-même à sa sœur (26 juillet 1842) : « Voilà qu’on s’avise de parler de Louis-Philippe et que je déblatère contre lui à propos du musée de Versailles. Figure-toi, en effet, que ce porc-là, trouvant qu’un tableau de Gros n’était pas assez grand pour remplir un panneau de muraille, a imaginé d’arracher un côté du cadre et de faire ajouter deux ou trois pieds de toile peinte par un artiste quelconque. Je voudrais voir la mine de cet artiste-là. Donc, M. et Mme D***, qui sont philippistes enragés, qui vont à la cour et qui, conséquemment, comme Mme de Sévigné après avoir dansé avec Louis XIV, disent : Quel grand roi ! ont été très choqués de la manière dont je traitais celui-ci. Mais tu sais que plus j’indigne les bourgeois, plus je suis content, ainsi j’ai été très satisfait de ma soirée, ils m’auront sans doute pris pour un légitimiste, parce que je me suis également « gaudy » sur le compte des hommes de l’opposition »[56].

Le personnage de l’Éducation qui symbolise la bourgeoisie orléaniste est M. Dambreuse. Flaubert le campe ainsi moitié homme d’affaires, moitié politicien (il fait penser à plus d’un personnage connu de la Monarchie de Juillet) : « M. Dambreuse s’appelait de son vrai nom le comte d’Ambreuse ; mais, dès 1825, abandonnant peu à peu sa noblesse et son parti, il s’était tourné vers l’industrie ; et, l’oreille dans tous les bureaux, la main dans toutes les entreprises, à l’affût des bonnes occasions, subtil comme un Grec et laborieux comme un Auvergnat, il avait amassé une fortune que l’on disait considérable ; de plus, il était officier de la Légion d’honneur, membre du Conseil général de l’Aube, député, pair de France un de ces jours ; complaisant du reste, il fatiguait le ministre par ses demandes continuelles de secours, de croix, de bureaux de tabac ; et, dans ses bouderies contre le pouvoir, il inclinait au centre gauche »[57].

Parfois Flaubert laisse couler sa haine et son mépris à pleins bords : « La plupart des hommes qui étaient là (chez M. Dambreuse) avaient servi, au moins, quatre gouvernements ; et ils auraient vendu la France ou le genre humain, pour garantir leur fortune, s’épargner un malaise, un embarras, ou même par simple bassesse, adoration instinctive de la force. »[58].

Il a bien observé l’évolution politique de cette bourgeoisie, qui, libérale avant 1830, était devenue férocement réactionnaire une fois au pouvoir. Un des convives de M. Dambreuse traduit ainsi cet état d’esprit : « C’est comme votre Presse ! Les lois de septembre… sont infiniment trop douces ! Moi, je voudrais des cours martiales pour bâillonner les journalistes ! À la moindre insolence, traîné devant un conseil de guerre !… »[59].

Il note au passage son égoïsme à l’égard des ouvriers, égoïsme que Martinon résume dans cette phrase hypocrite et prudhommesque : « Quand les basses classes voudront se débarrasser de leurs vices, elles s’affranchiront de leurs besoins. Que le peuple soit plus moral et il sera moins pauvre »[60].

On pourra objecter qu’il a exagéré, qu’il a été aveuglé par sa haine du « bourgeois », et cependant M. Thureau-Dangin, peu suspect de partager les antipathies de Flaubert, ne porte pas un jugement très favorable à la bourgeoisie : « On prétendait que le règne de cette classe aboutissait à rétablir une nouvelle féodalité, la « féodalité financière », ou pour parler comme Proudhon, à remplacer l’aristocratie par la « bancocratie »…

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« Depuis qu’elle était maîtresse, la bourgeoisie avait fait preuve de sérieuses qualités ; elle s’était montrée sensée, instruite, laborieuse, honnête. Mais elle avait deux causes de faiblesse : l’une était sa rupture avec l’aristocratie de naissance, que l’aristocratie d’argent ne suppléait pas ; l’autre était la part insuffisante faite, dans sa vie morale, au christianisme, que ne pouvait pas non plus remplacer la philosophie éclectique, alors officiellement investie du gouvernement des âmes, mais incapable de répondre à toutes leurs questions, de satisfaire à tous leurs besoins… »[61].

Ailleurs, M. Thureau-Dangin cite ces paroles de Renan au sujet de la bourgeoisie de la fin du règne de Louis-Philippe : « Le matérialisme en politique produit les mêmes effets qu’en morale ; il ne saurait inspirer le sacrifice, ni par conséquent la fidélité… On dira peut-être que ses intérêts bien entendus, en faisant sentir au bourgeois le besoin de la stabilité, suppléeront aux principes et l’attacheront solidement à son parti : il n’en est rien. Loin de lui conseiller la fermeté, ses intérêts le porteront à être toujours de l’avis du plus fort. De là ce type fatal, sorti de nos révolutions, l’homme d’ordre, comme on l’appelle, prêt à tout subir, même ce qu’il déteste. L’intérêt ne saurait rien fonder, car, ayant horreur des grandes choses et des dévouements héroïques, il amène un état de faiblesse et de corruption où une minorité décidée suffit à renverser le pouvoir établi »[62].

Tout ce que Flaubert nous raconte de la bourgeoisie après la révolution de Février est un véritable commentaire de cette page de Renan.

Tout d’abord les bourgeois sont désemparés : leur système de gouvernement est renversé, ils n’ont plus le pouvoir et n’ont jamais eu de principes ; c’est l’effondrement pur et simple ; Flaubert s’en donne à cœur joie aux dépens des « hommes pondérés », qui croient prévoir les événements et les trois quarts du temps sont trompés par eux. « De tous les Français, celui qui tremblait le plus fort était M. Dambreuse. L’état nouveau des choses menaçait sa fortune, mais surtout dupait son expérience. Un système si bon, un roi si sage ! était-ce possible ! La terre allait crouler ! Dès le lendemain, il congédia trois domestiques, vendit ses chevaux, s’acheta, pour sortir dans les rues, un chapeau mou, pensa même à laisser croître sa barbe ; et il restait chez lui, prostré, se repaissant amèrement des journaux les plus hostiles à ses idées, et devenu tellement sombre, que les plaisanteries sur la pipe de Flocon n’avaient pas même la force de le faire sourire »[63].

Le premier moment de stupeur passé, la bourgeoisie, orléaniste la veille, se rallie à la République ; celle-ci n’est-elle pas le Gouvernement, par conséquent le plus fort ? Et ce ralliement est tout de lâcheté, de mensonge, de petitesse et d’arrière-pensée :

« Somme toute, il (Dambreuse) se réjouissait des événements, et il adoptait de grand cœur « notre sublime devise : Liberté, Égalité, Fraternité, ayant toujours été républicain au fond ». S’il votait, sous l’autre régime, avec le ministère, c’était simplement pour accélérer une chute inévitable. Il s’emporta même contre M. Guizot, « qui nous a mis dans un joli pétrin, convenons-en ! » En revanche, il admirait beaucoup Lamartine, lequel s’était montré « magnifique, ma parole d’honneur, quand à propos du « drapeau rouge… ».

« Après quoi, il déclara sa sympathie pour les ouvriers. — Car enfin, plus ou moins, nous sommes tous des ouvriers ! — Et il poussait l’impartialité jusqu’à reconnaître que Proudhon avait de la logique…

« Lui aussi (Martinon) pensait qu’il fallait « se rallier franchement à la République », et il parla de son père laboureur, faisait le paysan, l’homme du peuple »[64].

Au moment des journées de Juin, c’est la pleine panique. Alors les légendes les plus effarantes et les plus stupides se donnent libre cours : « Elle (Mme de Larsillois) tremblait extrêmement, car elle avait entendu, tout à l’heure, sur un orgue, une polka qui était un signal entre les insurgés. Beaucoup de bourgeois avaient des imaginations pareilles ; on croyait que des hommes, dans les catacombes, allaient faire sauter le faubourg-Saint-Germain ; des rumeurs s’échappaient des caves ; il se passait aux fenêtres des choses suspectes »[65].

Puis c’est la répression féroce : « Ils (les gardes nationaux) furent, généralement, impitoyables. Ceux qui ne s’étaient pas battus voulaient se signaler. C’était un débordement de peur. On se vengeait à la fois des journaux, des clubs, des attroupements, des doctrines, de tout ce qui exaspérait depuis trois mois ; et, en dépit de la victoire, l’égalité (comme pour le châtiment de ses défenseurs et la dérision de ses ennemis) se manifestait triomphalement, une égalité de bêtes brutes, un même niveau de turpitudes sanglantes… »[66].

Les salons conservateurs retentissent de calomnies ridicules contre les républicains ; ce sont les échos des pamphlets de la rue de Poitiers : « Louis Blanc, d’après Fumichon, possédait un hôtel rue Saint-Dominique et refusait de louer aux ouvriers. — Moi, ce que je trouve drôle, dit Nonancourt, c’est Ledru-Rollin chassant dans les domaines de la Couronne ! — Il doit vingt-mille francs à un orfèvre, ajouta Cisy… »[67].

La bourgeoisie avait peur de la République, mais ne savait par quoi ou par qui la remplacer. Son imagination troublée lui fabriquait des sauveurs d’un jour, idoles qu’elle renversait le lendemain. « M. Dambreuse, tel qu’un baromètre, en exprimait constamment la dernière variation. On ne parlait pas de Lamartine sans qu’il citât ce mot d’un homme du peuple : « Assez de lyre ! » Cavaignac n’était plus, à ses yeux, qu’un traître. Le Président, qu’il avait admiré pendant trois mois, commençait à déchoir dans son estime (ne lui trouvant pas « l’énergie nécessaire ») ; et, comme il lui fallait toujours un sauveur, sa reconnaissance, depuis l’affaire du Conservatoire, appartenait à Changarnier : « Dieu merci, Changarnier… Espérons que Changarnier… Oh ! rien à craindre tant que Changarnier… »[68].

Pour le 2 décembre Flaubert semble avoir tiré bon parti de ses souvenirs personnels. En quelques lignes sobres il donne la note des événements :

« Comment ! est-ce qu’on ne va pas se battre ? » dit Frédéric à un ouvrier.

« L’homme en blouse lui répondit : « Pas si bêtes de nous faire tuer pour les bourgeois ! Qu’ils s’arrangent ! »

« Et un monsieur grommela, tout en regardant de travers le faubourien : « Canailles de socialistes ! Si on pouvait cette fois les exterminer »[69].

Sur l’état d’esprit des ouvriers au 2 décembre, rapprochons du témoignage de Flaubert celui d’Eugène Ténot : « Nourrissant… depuis juin, de profondes rancunes contre la bourgeoisie qui s’était montrée impitoyable contre eux, ils ne jugèrent pas devoir se préoccuper outre mesure de ce qui leur parut, au premier abord, une simple querelle entre Louis-Napoléon et les classes moyennes »[70].

Il nous a montré de façon excellente l’influence de la Révolution française sur la jeune génération de 1840 à 1848. Les ouvrages de Thiers, de Mignet, et surtout les Girondins de Lamartine avaient donné un regain de mode à tout ce qui touchait à la Révolution. Cette jeunesse, dégoûtée d’un présent qu’elle trouvait plat, se faisait un idéal d’avenir tout d’action à l’image de 1789 et de 1793.

Lamartine rappelait avec complaisance une parole de Talleyrand lui prédisant qu’il serait le Mirabeau d’une nouvelle révolution[71]. Combien d’autres, aussi ambitieux et plus obscurs, se taillaient des rôles à l’avance dans la future révolution et s’apprêtaient à jouer les conventionnels ou les généraux « de vingt ans ».

Deslauriers et Frédéric se confient leurs projets, Deslauriers les mêle aussitôt à une idée de révolution : « … Patience ! un nouveau 89 se prépare ! On est las de constitutions, de chartes, de subtilités, de mensonges ! »[72].

Plus tard la vue du Palais-Royal provoque chez lui cette évocation de la Révolution française : « Ah ! c’était plus beau, quand Camille Desmoulins, debout là-bas sur une table, poussait le peuple à la Bastille ! On vivait dans ce temps-là, on pouvait s’affirmer, prouver sa force ! De simples avocats commandaient à des généraux, des va-nu-pieds battaient les rois, tandis qu’à présent… Il se tut, puis tout à coup : « Bah ! l’avenir est gros ! » Et tambourinant sur les vitres, il déclama ces vers de Barthélémy :

« Elle reparaîtra, la terrible Assemblée
« Dont, après quarante ans, votre tête est troublée,
« Colosse qui sans peur marche d’un pas puissant !  »[73]

Après les journées de Février, lorsque Frédéric songe à se présenter à l’assemblée constituante, il pense aussitôt aux représentants de 93 : « Les grandes figures de la Convention passèrent devant ses yeux »[74].

Flaubert nous montre encore cette archéologie révolutionnaire au Club de l’Intelligence : « … Et, comme chaque personnage se réglait alors sur un modèle, l’un copiant Saint-Just, l’autre Danton, l’autre Marat, lui (Sénécal), il tâchait de ressembler à Blanqui, lequel imitait Robespierre »[75].

Flaubert ne néglige pas les petits côtés de l’histoire. Il rappelle d’un mot, en passant, Mme Lafarge, les affaires Teste-Cubières, Praslin, Drouillard et Bénier, etc. Il nous introduit dans un poste de gardes nationaux en 1848. Son aptitude à saisir le ridicule nous vaut la description si vivante du Club de l’Intelligence, qui est un vrai chef-d’œuvre.

Le croquis des députations à l’Hôtel de Ville est très 48 : « Le spectacle le plus fréquent était celui des députations de n’importe quoi, allant réclamer quelque chose à l’Hôtel de Ville, car chaque métier, chaque industrie attendait du Gouvernement la fin radicale de sa misère… »[76].

Le féminisme n’est pas oublié avec la Vatnaz : « Elle était une de ces célibataires parisiennes, qui, chaque soir, quand elles ont donné leurs leçons ou tâché de vendre de petits dessins, de placer de pauvres manuscrits, rentrent chez elles avec de la crotte à leurs jupons, font leur dîner, le mangent toutes seules, puis, les pieds sur une chaufferette, à la lueur d’une lampe malpropre, rêvent un amour, une famille, un foyer, la fortune, tout ce qui leur manque. Aussi, comme beaucoup d’autres, avait-elle salué dans la Révolution l’avènement de la vengeance ; et elle se livrait à une propagande socialiste effrénée »[77].

Il y a aussi bien des lacunes.

Flaubert avait cherché à se renseigner sur le mouvement catholique sous Louis-Philippe[78]. Et il ne nous donne rien à ce sujet. Il y avait là cependant un mouvement intéressant par sa générosité et sa nouveauté, et par la valeur de ses chefs.

Il n’y a presque rien sur le socialisme. Il y a un socialiste, Sénécal ; Flaubert nous expose assez longuement ses origines, son caractère, ses lectures, ses aspirations, mais rien ne nous fait connaître ses idées précises. Après avoir lu l’Éducation sentimentale on ignore les doctrines des diverses écoles socialistes sous la Monarchie de Juillet.

Rien non plus sur le napoléonisme, qui fut cependant très en vogue de 1830 à 1848 et prépara le second Empire.

Avec Hussonnet, Flaubert pouvait nous faire pénétrer dans le monde de la presse. L’histoire d’une très vague feuille (le Flambard) est insuffisante pour nous faire connaître le journalisme du temps. Et cependant il y avait beaucoup à dire. C’est à cette époque, sous Louis-Philippe, que la presse a pris des allures commerciales.