XIII
Miss Benson, en posant le pied sur les pavés de sa ville natale, avait retrouvé toute la vivacité qu’elle avait un peu perdue pendant la journée ; elle se retrouvait chez elle et parmi des gens de connaissance. M. Benson lui-même parlait gaiement à Ben et lui faisait des questions sur une foule de gens qui étaient inconnus à Ruth. Elle avait froid et était épuisée. Elle prit le bras que lui offrait miss Benson et se traîna à grand’peine jusqu’à la petite rue silencieuse qu’habitait M. Benson. Le calme était si profond que le bruit de leurs pas retentissait comme un événement et annonçait de loin leur venue. Une porte s’ouvrit à leur approche, et une servante âgée, mais encore robuste, apparut sur le seuil avec un visage radieux.
« Enfin vous voilà ! je me suis crue perdue sans vous. »
Elle donna une vigoureuse poignée de main à M. Benson et embrassa miss Benson ; puis, se tournant vers Ruth, elle dit à demi-voix :
« Et qui est celle-là ? »
M. Benson ne répondit pas et fit un pas en avant. Miss Benson dit hardiment :
« C’est la dame dont je vous ai parlé dans ma lettre, Silly, mistriss Denbigh, une parente éloignée.
— Oui, mais vous aviez dit que c’était une veuve. Est-ce que cette enfant est veuve ?
— Oui, c’est mistriss Denbigh, répondit miss Benson.
— Eh bien ! si j’avais été sa mère, je lui aurais donné un sucre d’orge au lieu d’un mari, cela aurait mieux valu.
— Chut ! Sally, chut ! Regardez, voilà votre maître qui essaye d’enlever cette grande malle. »
Miss Benson savait ce qu’elle faisait en attirant l’attention de Sally sur son maître, car tout le monde, y compris Sally, regardait son infirmité comme provenant d’une chute qu’il avait faite, pendant que Sally, qui était alors une petite bonne, était chargée de le garder. Pendant des années, la pauvre fille s’était endormie tous les soirs en pleurant, en pensant au malheur qu’elle avait attiré, par sa négligence, sur son enfant chéri, et son repentir n’était pas diminué par le pardon que lui avait accordé la douce mère à laquelle Thurstan ressemblait tant. Les remords de Sally ne s’étaient calmés qu’en prenant le parti de le servir fidèlement toute sa vie, et elle avait tenu sa parole. Elle aimait miss Benson, mais elle adorait presque son frère. Son respect ne se montrait pas toujours dans ses manières, mais elle ne permettait à personne ce qu’elle se permettait à elle-même, et querellait miss Benson si elle osait être d’un autre avis que son frère.
« Allons donc, monsieur Thurstan, n’apprendrez-vous jamais à ne pas vous mêler des affaires des autres ? Ben, aidez-moi à emporter ces malles ! »
Miss Benson emmena Ruth dans le petit salon. Le rez-de-chaussée se composait de deux petites pièces donnant l’une dans l’autre ; la cuisine s’ouvrait sur celle du fond, qui servait de salon à la famille, et qu’on appelait toujours le parloir ; la fenêtre donnait sur le jardin, et n’eût été l’inconvénient de la cuisine, Sally et miss Benson auraient consacré cette pièce à l’usage exclusif de M. Benson ; son cabinet donnait sur la rue, ce qui lui permettait de faire entrer et sortir à l’insu du reste de la maison ceux qui avaient recours à son ministère ou à sa charité. Comme il avait la vue la moins gaie au rez-de-chaussée, sa chambre à coucher, située au premier, donnait sur le jardin, et miss Benson habitait celle qui était au-dessus du cabinet de son frère ; l’une des deux grandes mansardes était occupée par Sally ; l’autre allait devenir la propriété de Ruth. Les rideaux étaient tirés dans le salon ; un feu brillant l’éclairait complètement, et, par la porte entrouverte, on apercevait Sally dans la cuisine, qui resplendissait de propreté comme tout le reste de la maison.
De l’endroit où elle était assise, Ruth pouvait suivre tous les mouvements de Sally, et sans s’en rendre compte, tant elle était fatiguée et préoccupée d’autres pensées, elle la regardait si attentivement, que bien des années après ce souvenir lui restait encore. La lueur du feu éclairait tous les recoins de la cuisine et faisait ressortir davantage la demi-obscurité du salon où brûlait une seule bougie, dont la lumière se perdait dans les nuances sombres du tapis et des rideaux. La tournure robuste, mais peu élégante de Sally, sa mise propre et décente, le jupon court de laine rayée, qui laissait apercevoir des jambes un peu épaisses, la camisole d’indienne rose, le bonnet et le tablier de toile fine et blanche comme la neige, qui formaient l’ancien costume du comté, firent une impression ineffaçable sur la mémoire de Ruth.
Tandis que Sally préparait le thé, miss Benson ôta le chapeau et le manteau de Ruth, qui sentait instinctivement que Sally ne perdait pas un de ses mouvements. Elle mettait même parfois son mot dans la conversation, et c’était sur un pied d’égalité. Elle avait abandonné le vous cérémonieux et tutoyait tranquillement miss Benson.
Tous ces petits détails passaient devant l’esprit de Ruth et se fixaient dans sa mémoire sans qu’elle s’en rendit compte au moment même. Elle était fatiguée et abattue. La bonté qu’on lui témoignait l’oppressait ; mais au milieu de l’obscurité elle apercevait pourtant une lumière qui l’aidait à lutter contre sa tristesse, c’était le petit enfant qu’elle attendait.
M. Benson était aussi fatigué que Ruth et garda le silence pendant le repas, après lequel miss Benson emmena Ruth chez elle. La blancheur du lit, la propreté exquise de tout ce qui l’entourait charmèrent Ruth. Miss Benson, en l’aidant à se déshabiller, semblait sortir de ses préoccupations de maîtresse de maison à l’approche du repos de la nuit, et son dernier adieu fut doux et grave comme une bénédiction.
Quand miss Benson redescendit, elle trouva son frère occupé à lire les lettres arrivées pendant son absence. Elle ferma doucement la porte de communication entre le parloir et la cuisine, et se mit à tricoter près du feu, en attendant que son frère commençât la conversation ; mais il gardait le silence. Elle aimait à discuter ce qu’elle éprouvait, mais il le redoutait pour lui-même et évitait en général tout ce qui pouvait l’agiter. Il y avait des moments où ses sentiments toujours profonds venaient à déborder et ne lui permettaient plus de les contenir ; il était alors forcé de parler, mais il souffrait de cet effort et de l’épuisement qui le suivait. Il avait eu le cœur plein de Ruth tout le jour, et il craignait de voir sa sœur entamer ce sujet ; aussi continua-t-il de lire jusqu’au moment où, à son grand soulagement, Sally ouvrit violemment la porte.
« Cette jeune femme doit-elle rester longtemps chez nous ? » demanda-t-elle à miss Benson.
M. Benson pressa le bras de sa sœur pour l’empêcher de répondre, et dit :
« Nous ne savons pas exactement, Sally ; elle restera jusqu’après ses couches.
— Dieu nous bénisse ! Un enfant dans la maison ! Alors mon temps est venu, et je puis faire mes malles et m’en aller. Je n’ai jamais pu supporter ces choses-là. J’aimerais mieux avoir des rats dans la maison. »
Sally avait véritablement l’air effrayé.
« Mais, Sally, dit M. Benson en souriant, j’étais bien petit quand vous êtes venue me soigner.
— Oh ! oui, M. Thurstan, mais vous étiez un beau garçon de trois ans au moins. »
Elle se souvint alors du changement qui s’était fait par sa faute dans « ce beau garçon, » et ses yeux se remplirent de larmes ; mais elle était trop fière pour les essuyer avec son tablier, car elle ne pouvait pas, disait-elle, souffrir de pleurer devant les gens.
« D’ailleurs, cela ne sert à rien de parler, Sally, dit miss Benson, qui ne pouvait plus se taire ; nous avons promis de la garder et il faut le faire. Vous n’en aurez pas la peine, Sally, ainsi ne vous en inquiétez pas.
— Ah ! par exemple ! Comme si j’avais peur de la peine ! Vous devriez me connaître mieux que cela. J’ai savonné deux fois le plancher de la chambre de monsieur pour que les planches fussent blanches, quoique le tapis dût être posé dessus, et maintenant vous ma reprochez de craindre la peine ? Si ce sont là les manières que vous avez apprises dans le pays de Galles, je suis bien aise de n’y avoir jamais été. »
Sally était rouge et avait l’air indigné. M. Benson intervint avec sa douce voix :
« Foi sait bien que vous ne craignez pas la peine, Sally ; elle est seulement inquiète pour cette pauvre jeune femme qui n’a pas d’autres amis que nous. Nous savons que vous aurez plus d’ouvrage pendant qu’elle sera avec nous, et je crois que, sans en avoir jamais parlé, en faisant nos plans, nous avons compté sur votre secours, qui ne nous a jamais manqué, Sally.
— Vous avez deux fois plus de raison que votre sœur, monsieur Thurstan. Les garçons en ont toujours davantage. C’est la vérité qu’il y aura plus de peine, et je suis bien sûre d’en avoir ma part. J’en prends mon parti si on me le dit tout simplement ; mais je ne puis pas supporter d’entendre certaines gens dire qu’il n’y aura ni peine ni embarras, comme si cela y faisait quelque chose. Il y a des gens qui vous traitent comme un enfant, et je n’aime pas cela. Je ne parle pas de vous, monsieur Thurstan.
— Non, Sally, vous n’avez pas besoin de dire cela. Je sais bien de qui vous parlez, quand vous dites : « Il y a des gens. » J’avoue pourtant que j’ai eu tort de vous parler comme si vous craigniez la peine, car personne n’en a jamais eu moins peur ; mais je veux que vous aimiez mistriss Denbigh, dit miss Benson.
— Cela viendra si vous me laissez tranquille. Je n’aimais pas à la voir assise ce soir dans le fauteuil de mon maître ; un fauteuil avec des coussins ! Les jeunes filles de mon temps se contentaient de tabourets.
— Elle était fatiguée ce soir, dit M. Benson. Nous sommes tous fatigués ; ainsi, si vous avez fini votre ouvrage, Sally, venez pour la prière : »
Ils s’agenouillèrent tous trois, et deux d’entre eut prièrent avec ferveur pour « ceux qui s’étaient égarés, » et avant dix heures tout le monde était couché.
Ruth, poursuivie par un chagrin qu’elle n’osait pas regarder bravement en face, resta éveillée pendant la plus grande partie de la nuit ; elle se leva bien des fois pour aller à l’étroite fenêtre et regarder au delà de la ville silencieuse par-dessus les murs gris, les cheminées et les toits pointus du côté des collines qu’on apercevait à l’horizon et qui se dessinaient sous les rayons de la lune.
Elle ne s’endormit que vers le matin et descendit tard dans le parloir ; elle trouva M. et miss Benson qui l’attendaient. Les fleurs du jasmin qui couvraient le mur du petit jardin entraient dans la chambre par la fenêtre ouverte. Le petit parterre était couvert de fleurs d’automne, depuis les roses trémières rouges jusqu’aux calcéolaires jaunes qui s’étalaient sous les rayons du soleil. Le ciel était parfaitement pur ; pas un souffle de vent ne venait agiter les fils d’argent chargés de rosée qui flottaient entre les branches, le parfum des œillets se répandait dans l’air, et miss Benson était occupée à arranger une touffe de roses dans un vase. M. Benson lisait un gros livre. Ils la reçurent avec de douces paroles, mais le calme fut bientôt rompu par la brusque entrée de Sally, qui jeta à Ruth un regard de reproche en disant :
« Je pense que je puis apporter le déjeuner maintenant ? » Et elle appuya fortement sur ce dernier mot.
« J’ai peur d’être fort en retard, dit Ruth.
— Oh ! peu importe ! dit M. Benson doucement ; c’est notre faute, nous avions oublié de vous dire l’heure du déjeuner. Nous faisons toujours la prière à sept heures et demie, et, à cause de Sally, nous ne changeons jamais l’heure, parce qu’elle peut ainsi arranger son ouvrage pour avoir en ce moment-là l’esprit calme et tranquille.
— Hum ! » dit miss Benson, un peu disposée à mettre en doute le calme de l’esprit de Sally à quelque heure du jour que ce fût ; mais son frère continua comme s’il ne l’entendait pas :
« Mais il importe peu que le déjeuner ait été retardé, je suis sûr que votre longue journée d’hier vous avait bien fatiguée. »
Sally parut avec du pain grillé, sec et dur, et le posa sur la table en disant : « Ce n’est pas ma faute s’il ressemble à du bois. »
Mais personne ne parut y faire attention, et elle rentra dans sa cuisine après avoir fait rougir Ruth jusqu’au blanc des yeux de l’ennui dont elle était cause.
Tout le jour Ruth sentit qu’elle avait besoin de s’habituer à l’atmosphère nouvelle qui l’entourait avant de pouvoir agir et vivre librement ; et en effet l’air était plus pur que celui qu’elle respirait depuis longtemps. La piété de sa mère avait eu quelque chose de presque instinctif, et si elle retrouvait chez les Benson la même simplicité, il y avait dans leur vie une loi cachée qui gouvernait toutes choses et qu’ils ne discutaient jamais. Il est vrai que, malgré leurs efforts pour régler toutes leurs actions selon la volonté de Dieu, il arrivait qu’ils s’en éloignaient souvent ; mais les fautes des uns semblaient éveiller la charité et la patience des autres, et le résultat des petites discordes intérieures était une harmonie et une paix profonde. Ils ne se rendaient pas compte de cet état de choses, ils ne s’inquiétaient pas d’étudier leurs progrès ; si parfois M. Benson, arrêté par sa santé au milieu de son activité, « faisait le compte de ses voies, » c’était pour crier avec une profonde tristesse : « Oh ! Dieu, aie pitié de moi, qui suis un pécheur ! » Mais il cherchait à remettre sa vie entre les mains de Dieu et à s’oublier lui-même.
Après le déjeuner, M. Benson était rentré dans son cabinet. Ruth ne savait pas si miss Benson accepterait ses services dans les devoirs du ménage : elle était faible et languissante, aussi passa-t-elle volontiers son temps à suivre des yeux les occupations de miss Benson qui lavait les tasses du déjeuner, et causait alternativement avec Ruth et avec Sally. Celle-ci disparut bientôt pour remplir son office dans les chambres à coucher, à la grande satisfaction de Ruth, qui n’avait pas encore reçu son pardon pour son inexactitude du matin. Miss Benson rentra dans le parloir, portant des haricots qu’elle écossait et mettait ensuite dans une écuelle pleine d’une eau limpide qui brillait aux rayons du soleil. En se livrant à cette occupation, elle faisait à Ruth de longs récits sur des gens et des choses que celle-ci ne connaissait ni ne comprenait. M. et mistriss Bradshaw étaient le pivot sur lequel tournaient toutes ses histoires avec l’accessoire de leurs enfants et de leurs domestiques. Ruth était un peu lasse de ces longues dissertations sur des gens qu’elle ne connaissait pas, quand miss Benson l’appela tout à coup dans sa chambre à coucher. Elle cherchait quelque chose dans un vieux petit meuble entièrement composé de tiroirs.
« Ma chère, je suis bien étourdie. Heureusement j’y ai pensé avant la visite de M. Bradshaw. Voilà… »
Et elle prit une vieille bague d’alliance et la mit précipitamment au doigt de Ruth. Ruth baissa la tête et rougit de honte ; ses yeux se remplirent de larmes. Miss Benson continua rapidement :
« C’est celui de ma grand’mère ; on les faisait très-larges autrefois pour y mettre une devise. Allons, sauvez-vous, et vous aurez l’air de l’avoir toujours porté. »
Ruth monta dans sa chambre et s’agenouilla près de son lit, en sanglotant comme si son cœur allait se briser, puis elle se calma et pria avec une humilité et une ferveur que les paroles ne peuvent rendre. Quand elle descendit, elle était pâle et ses yeux étaient gonflés ; mais le sentiment maternel la remplissait de dignité même aux yeux de Sally. Ses réflexions étaient tristes et la journée lui parut bien longue. Le seul événement fut une absence inexplicable de Sally qui intriguait beaucoup miss Benson.
Le soir, quand Ruth fut rentrée dans sa chambre, cette absence lui fut expliquée. Elle avait dénoué ses longs cheveux et restait plongée dans des réflexions, quand elle entendit frapper rudement à sa porte, et Sally entra roide comme un juge, tenant deux bonnets de veuve très-grossiers. Elle s’avança vers la belle Ruth qui s’enveloppait dans son peignoir blanc et qui la regardait d’un air étonné et lui dit :
« Madame ou mademoiselle, car j’ai mes doutes sur vous, je ne veux pas laisser attraper mon maître et miss Foi, et je ne veux pas qu’on leur fasse honte. Les veuves portent ces bon-nets-là et ont les cheveux coupés, et que les veuves portent des bagues d’alliance, ou non, on leur coupera les cheveux. J’ai vécu depuis quarante-neuf ans dans cette maison, et je ne veux pas qu’elle soit déshonorée par vos belles boucles. Asseyez-vous, et je vous couperai les cheveux, et que je vous voie demain coiffée décemment d’un bonnet de veuve, ou bien je quitte la maison. Je ne sais pas ce qu’il est arrivé à miss Foi de se laisser ensorceler par quelqu’un comme vous. Allons, asseyez-vous. »
Elle appuya la main sur l’épaule de Ruth, et celle-ci un peu intimidée par la vieille servante, et d’ailleurs trop triste pour attacher grande importance à ce qu’on lui proposait, s’assit sans rien dire. Sally brandit les grands ciseaux qui étaient toujours suspendus à son côté et commença à couper sans pitié. Elle s’attendait à quelque résistance, et avait à sa disposition un torrent de paroles tout prêt à couler au moindre signe de rébellion ; mais Ruth la laissait faire en silence, courbant doucement la tête sous les rudes mains qui réduisaient ses beaux cheveux à la longueur de ceux d’un garçon. Sally fut bien prise de quelques doutes sur la nécessité de cette opération, mais la moitié des boucles étaient parties, et il fallait bien que le reste suivit. Quand elle eut fini, elle releva la tête de Ruth, mais elle ne put lire dans les grands yeux qu’elle rencontra qu’une douceur un peu triste. Sally essaya de cacher le changement qu’opérait dans ses sentiments la douce et tranquille soumission de Ruth en se baissant pour ramasser les longues tresses, et elle dit en les regardant avec admiration :
« Je croyais que nous aurions eu des larmes. Ce sont de jolis cheveux, et vous n’avez pas été mauvaise. Voyez-vous, M. Thurstan n’en sait pas plus qu’un enfant, et miss Foi lui laisse faire tout ce qu’il veut ; ainsi il n’y a que moi pour les empêcher de faire des sottises. Je vous souhaite une bonne nuit. J’ai entendu dire que les longs cheveux étaient malsains. Bonsoir. »
Une minute après elle rouvrit la porte de Ruth :
« Vous mettrez un de ces bonnets demain, je vous en fais présent. »
Sally avait emporté les belles boucles, mais elle ne put prendre son parti de les jeter ; elle les enveloppa soigneusement dans du papier et les mit dans un coin de son tiroir.