Né en 1876 rue Coquillière, dans le quartier des Halles à Paris, Léon-Paul Fargue voit son enfance marquée par les circonstances mystérieuses de sa naissance : son père, Léon Fargue, ingénieur chimiste sorti de l'École centrale, ne le reconnaît officiellement que seize ans plus tard, la famille Fargue s'étant opposée au mariage avec sa mère, Marie Aussudre, modeste couturière originaire du Berry. Décevant l'espoir familial de le voir intégrer l'École normale, il choisit la poésie, tout en étant attiré par la peinture et le piano ; avant même ses dix-neuf ans, il publie dans L'Art littéraire en 1894, et son important poème Tancrède paraît dans la revue Pan en 1895. Opposant aux surréalistes, il s'intègre au cercle de la poésie symboliste lié au Mercure de France et fréquente rapidement les salons littéraires, notamment grâce à Henri de Régnier, aux mardis de Mallarmé, où il côtoie l'élite intellectuelle et artistique du début du XXe siècle : Paul Valéry, Marcel Schwob, Paul Claudel, Claude Debussy et André Gide. En 1943, il est victime d'une attaque cérébrale au restaurant parisien Le Catalan, lors d'un déjeuner avec Pablo Picasso, qui le laisse hémiplégique ; malgré cette paralysie, il maintient une intense activité littéraire jusqu'à sa mort en 1947.