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§ XIX.—Culture du poivre.

Autrefois l’île de Luçon, et particulièrement les provinces de la Laguna et de Batangas, livraient une grande quantité de poivre au commerce. La compagnie des Philippines, qui avait alors le monopole, arrêta avec les cultivateurs le prix d’une mesure nommée ganta; mais lorsque ces derniers vinrent à Manille livrer leurs récoltes, les agents de la compagnie avaient changé la mesure, et lui avaient donné une capacité double de celle qui avait servi de base au marché. Les Indiens, furieux d’avoir été trompés, retournèrent dans leur province, et en quelques jours détruisirent toutes leurs plantations; de sorte que maintenant l’île de Luçon ne fournit que le poivre nécessaire à la consommation du pays.

Le poivre se cultive généralement près des montagnes, dans les parties où les fortes rosées entretiennent un peu d’humidité. Cette plante parasite exige peu de culture; elle croît de bouture. Il suffit d’en couper un morceau long de 15 à 20 centimètres, de le courber en deux, de recouvrir le milieu de terre, et de lier les deux extrémités contre un support de 5 à 6 pieds d’élévation, autant que possible de bois mort recouvert encore de son écorce et susceptible d’absorber beaucoup d’humidité. La jeune plante s’y attache, pousse jusqu’au sommet; et il suffit, pour la faire produire, de quelques sarclages, et de bêcher une fois par an la terre autour de chaque pied.