Aller au contenu principal
Classiquesen Ligne
Théophile Gautier
Émaux et Camées
MDCCCL
Télécharger gratuitement
Domaine public · libre & gratuit
Source : Project Gutenberg
XIXe siècle · 1850

Émaux et Camées

1850Poésie Français PoésieRomantisme
Amour

Émaux et Camées (1852), recueil de poésie que Gautier peaufine et enrichit sur plusieurs éditions successives tout au long de sa carrière, illustre à la perfection sa doctrine esthétique de l'art pour l'art à travers des poèmes brefs et ciselés avec une précision d'orfèvre, où chaque vers est travaillé avec le soin méticuleux d'un émailleur ou d'un graveur de camées, disciplines artisanales de précision auxquelles le titre même du recueil rend un hommage explicite. Gautier y privilégie systématiquement la forme fixe et contraignante, notamment le quatrain d'octosyllabes rigoureusement travaillé, contre l'épanchement lyrique plus libre et effusif du romantisme dominant de son époque, cherchant délibérément à atteindre par cette discipline formelle stricte une perfection plastique et sculpturale du vers plutôt que l'expression directe et débordante des sentiments personnels, dans une démarche qui annonce directement l'esthétique du parnasse littéraire naissant. Ce recueil, admiré notamment par Baudelaire qui dédie Les Fleurs du mal à Gautier en signe de reconnaissance esthétique, exerce une influence considérable sur toute la génération poétique suivante, des parnassiens comme Leconte de Lisle et Hérédia jusqu'à T. S. Eliot qui traduira et admirera profondément ce recueil bien plus tard au XXe siècle. Par sa recherche constante de la perfection formelle et son influence décisive sur le mouvement parnassien puis symboliste, Émaux et Camées demeure l'un des recueils les plus techniquement accomplis et les plus durablement influents de toute la poésie française du XIXe siècle. La première édition de 1852 ne compte que dix-huit poèmes, progressivement enrichis au fil de six éditions successives, en 1853, 1858, 1863 puis 1872, jusqu'à l'édition définitive qui en réunit cinquante-trois ; Baudelaire, qui dédie Les Fleurs du mal à Gautier en signe de reconnaissance esthétique, témoigne de l'influence immédiate de ce recueil sur sa propre génération poétique. Cette influence se prolonge bien au-delà des frontières françaises, T. S. Eliot allant jusqu'à emprunter directement la forme strophique du recueil pour certains de ses propres poèmes du début du XXe siècle.