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Maurice Maeterlinck
En Égypte : notes de voyage
XIXᵉ siècle
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Project Gutenberg
XIXe siècle

En Égypte : notes de voyage

Classique Français ClassiqueSymbolisme
Mer et voyages

En Égypte, notes de voyage de Maurice Maeterlinck rédigées au début du XXᵉ siècle, oppose d'emblée les cartes postales convenues de l'Égypte à la réalité du terrain, avant de se transformer en une enquête réflexive sur l'art pharaonique, la religion, la culture funéraire et la tension permanente entre mythe et fait, offrant un voyage méditatif où les impressions modernes du voyageur servent à interpréter temples, tombeaux et croyances antiques pour le lecteur curieux. L'ouvrage s'ouvre sur un appel à voyager pour qui préfère la réalité au fantasme rassurant, puis dresse le tableau de l'Égypte contemporaine telle que les clichés la promettent — pyramides, palmiers, ânes, chadoufs et sakiehs, villages poussiéreux, grandes villes décevantes — avant de laisser de côté mosquées et art arabe pour se concentrer sur le monde pharaonique. Maeterlinck présente les monuments égyptiens comme d'abord écrasants puis, une fois assimilés, profondément formateurs, préfigurant même l'architecture grecque, et soutient qu'ils doivent être vus dans leur lumière et leur paysage d'origine ; l'art y est montré comme largement documentaire et rituel dans son intention, mais capable d'une grandeur austère et d'un réalisme tendre, tandis que les trouvailles de Toutânkhamon, aux côtés de chefs-d'œuvre, révèlent un kitsch étonnant. Le récit dépeint ensuite une civilisation bâtie autour de la mort — momies, tombeaux, provisions pour le « Double » — tempérée par les plaisirs quotidiens et jusqu'à des textes prônant un carpe diem tranquille, puis examine la « science » sacerdotale, suggérant que la Grande Pyramide pourrait encoder des mesures frappantes alors que l'essentiel de l'ingénierie reste simple et massif, tout en présentant la magie légendaire comme un mélange de pratiques proches de l'hypnose, de formules tirées du Livre des morts et de mise en scène occasionnelle. Une croyance plus profonde et souvent cachée émerge : un agnosticisme panthéiste, presque monothéiste, exprimé à travers les mystères osiriens comme drames de mort et de renaissance, plus tard recouverts par la magie populaire et des résidus totémiques ; le jugement des morts, avec sa confession négative et la pesée du cœur, mène à la déification ou, à défaut, aux châtiments figurés, bien que beaucoup d'âmes préfèrent s'attarder près de leur momie. Le ton se tourne enfin vers l'humain : la vanité de souverains comme Ramsès II, une vie sociale pratique acceptant le plaisir avec des mœurs sexuelles franches, et un idéal éthique qui exalte la vérité.