Aller au contenu principal
Classiquesen Ligne
Paul Verlaine
Fêtes galantes (1902)
MCMII
Télécharger gratuitement
Domaine public · libre & gratuit
Source : Wikisource
XXe siècle · 1902

Fêtes galantes (1902)

1902Classique Français ClassiqueSymbolisme
Amour

Fêtes galantes (1869), deuxième recueil de Paul Verlaine, s'inspire directement de l'univers pictural du peintre Watteau et des artistes du XVIIIe siècle rococo pour composer une galerie de tableaux poétiques peuplés de personnages de la commedia dell'arte, Pierrot, Colombine, Arlequin, et d'aristocrates masqués évoluant dans des parcs et des jardins nocturnes baignés d'une lumière crépusculaire et mélancolique, univers de fête apparente sous laquelle affleure constamment une tristesse diffuse et une inquiétude existentielle profonde. Verlaine y développe avec un art consommé de la suggestion et de la musicalité une poésie de l'ambiguïté et de la demi-teinte, où les masques et les déguisements de la fête galante servent de métaphore constante à la dissimulation des sentiments véritables derrière les conventions mondaines et les jeux de séduction apparemment légers, dans des poèmes d'une élégance formelle et d'une musicalité verbale devenues emblématiques de l'art verlainien. Le poème Clair de lune, qui ouvre le recueil et sera mis en musique par de nombreux compositeurs dont Claude Debussy, résume à lui seul cette esthétique du masque mélancolique et de la fête nocturne teintée de spleen, formule poétique restée l'une des plus célèbres et des plus fréquemment citées de toute l'œuvre verlainienne. Par sa fusion originale entre inspiration picturale du XVIIIe siècle et sensibilité mélancolique typiquement fin de siècle, ce recueil reste l'un des plus musicaux et des plus visuellement évocateurs de toute la poésie symboliste française. Publié le 20 février 1869 chez Lemerre à compte d'auteur, à seulement trois cent cinquante exemplaires, ce troisième recueil de Verlaine après les Poèmes saturniens de 1866 et Les Amies de 1867 doit une partie de son inspiration à la salle Lacaze du Louvre, ouverte en 1867 et consacrée aux peintres du XVIIIe siècle comme Watteau, Fragonard et Boucher, que Verlaine admirait particulièrement. Le tirage confidentiel de l'édition originale contraste avec la popularité ultérieure du recueil, dont plusieurs poèmes seront mis en musique par Gabriel Fauré et Claude Debussy.