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George Sand
Francia; Un bienfait n'est jamais perdu
XIXᵉ siècle
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Project Gutenberg
XIXe siècle

Francia; Un bienfait n'est jamais perdu

Roman Français RomanRomantisme
GuerreAmour

Francia (1871) est un bref roman historique que George Sand rédige entre le 19 janvier et le 4 avril 1871, en pleine guerre franco-prussienne, avant sa publication en trois livraisons dans la Revue des Deux Mondes la même année. Le récit s'ouvre le 31 mars 1814, jour où les armées alliées, menées par le tsar Alexandre Ier à cheval, entouré du roi de Prusse et du prince de Schwarzenberg représentant l'empereur d'Autriche, entrent dans Paris humilié après la défaite de Napoléon, et suit le destin de Francia, jeune grisette parisienne dont la rencontre avec un jeune officier russe, Diomède Mourzakine, noue une relation complexe mêlant compassion, devoir et incompréhension mutuelle au cœur d'une capitale occupée. Sand y exprime dès les premières lignes sa propre affliction pour le Paris vaincu et son hostilité envers le monarque russe et son armée, tout en évitant tout manichéisme simpliste entre occupants et occupés à travers la relation qui se noue entre ses deux personnages principaux. Le récit se referme un an plus tard, le 21 mars 1815, sur les célébrations parisiennes du retour de Napoléon pour les Cent-Jours, bouclant ainsi la boucle historique ouverte par l'entrée des troupes alliées l'année précédente. Ce court roman, écrit dans le contexte d'une nouvelle occupation étrangère de la France pendant la guerre de 1870, témoigne de la manière dont Sand mobilise l'histoire récente pour éclairer, en creux, l'actualité douloureuse qu'elle traverse elle-même au moment de l'écriture. Ce texte bref, aujourd'hui moins lu que les grands romans champêtres ou les récits fantastiques de Sand, offre un témoignage précieux sur la manière dont l'écrivaine mobilisait sa propre mémoire historique pour éclairer les crises contemporaines qu'elle traversait. Le titre alternatif du roman, Un bienfait n'est jamais perdu, souligne la dimension morale du récit, où la bonté désintéressée de l'héroïne envers l'officier étranger finit par trouver, contre toute attente, une forme de réciprocité inattendue au fil de l'intrigue.