Aller au contenu principal
Classiquesen Ligne
Alphonse de Lamartine
Graziella
MDCCCLII
Télécharger gratuitement
Domaine public · libre & gratuit
Source : Wikisource
XIXe siècle · 1852

Graziella

1852Classique Français ClassiqueRomantisme
AmourMort

Graziella (1852) raconte, sous une forme largement autobiographique, le séjour de jeunesse du narrateur, alter ego à peine déguisé de Lamartine lui-même, dans la baie de Naples où il se lie d'une amitié amoureuse pure et innocente avec Graziella, jeune fille de pêcheurs napolitains d'une beauté et d'une simplicité touchantes, dont l'affection sincère et désintéressée pour le jeune Français va se muer progressivement, sans jamais être ouvertement déclarée ni consommée, en un amour aussi profond que voué à l'impossibilité sociale de son accomplissement. Lamartine y déploie une prose d'une grâce et d'une nostalgie mélancolique caractéristiques de son art poétique, transposée cette fois dans le récit en prose, célébrant la beauté simple et la sincérité des sentiments populaires napolitains par contraste implicite avec l'artifice et le calcul des sentiments dans la société mondaine française dont il est lui-même issu. Le récit se referme sur la mort prématurée de Graziella, consumée de chagrin après le départ définitif du narrateur rappelé en France par des obligations familiales, dénouement tragique qui scelle à jamais cet amour resté inaccompli et transforme le souvenir de cette idylle de jeunesse en une blessure nostalgique irrémédiable que le narrateur porte en lui toute sa vie durant. Par sa sensibilité élégiaque et sa nostalgie méditerranéenne, ce court récit autobiographique reste l'un des textes en prose les plus lus et les plus tendrement appréciés de Lamartine, complément naturel à son œuvre poétique dominée par les mêmes thèmes du deuil amoureux et du souvenir. Le récit trouve son origine dans le journal tenu par Lamartine lors de son séjour napolitain du début des années 1810, d'abord intégré comme commentaire de son poème Le Premier Regret, avant d'être développé en 1849 au sein du recueil Les Confidences puis publié séparément en 1852, devenant alors l'œuvre la plus lue de son auteur. L'ouvrage demeure aujourd'hui encore l'un des récits en prose les plus étudiés de Lamartine dans l'enseignement secondaire français, précisément pour sa forme accessible et sa tonalité élégiaque caractéristique du romantisme.