Dans l'Italie du XVIe siècle, Hélène Campireali et Jules Branciforte, fils d'un chef de brigands, s'aiment d'un amour que la famille d'Hélène rejette avec violence — jusqu'à ce que Jules, pour survivre, tue le propre frère d'Hélène en duel. Séparée dans un couvent, Hélène en devient dix ans plus tard l'abbesse, tombe enceinte d'un évêque, et se retrouve jugée et condamnée avant qu'un tunnel creusé par sa mère ne lui offre une ultime chance d'évasion. Stendhal publie en 1839 cette nouvelle italienne rédigée en marge de La Chartreuse de Parme. Cette nouvelle s'inspire directement des chroniques italiennes du XVIe et XVIIe siècle que Stendhal collectionnait et traduisait depuis des années, fasciné par la violence, la passion et l'énergie qu'il retrouvait dans ces récits authentiques bien plus crus que la littérature française contemporaine, source d'inspiration qu'il exploitera également pour La Chartreuse de Parme, écrite dans le prolongement direct de ces mêmes lectures. Ce goût pour les chroniques italiennes violentes et passionnées, que Stendhal traduit et adapte à plusieurs reprises tout au long des années 1830, témoigne de sa fascination durable pour une Italie de la Renaissance qu'il jugeait plus authentiquement vivante et passionnée que la société française contemporaine, jugée à ses yeux trop policée et hypocrite. Cette nouvelle, publiée en 1839 dans la Revue des Deux Mondes avant d'être réunie avec d'autres chroniques italiennes en volume, illustre la fascination durable de Stendhal pour l'énergie passionnelle qu'il attribuait à l'Italie de la Renaissance, qu'il jugeait bien supérieure en intensité vitale à la société française contemporaine. Cette même passion pour les archives et les chroniques anciennes anime toute la seconde partie de la carrière de Stendhal, convaincu que la vérité historique brute contenait plus de matière romanesque authentique que n'importe quelle fiction pure. Cette nouvelle reste appréciée pour l'intensité dramatique de son dénouement final.