Table des matières CHAPITRE XXXIV. Qu'on ne saurait goûter que Dieu seul, et qu'on le goûte en toutes choses, quand on l'aime véritablement.Chapitre 150 / 293
RÉFLEXION.
Il est étrange que, connaissant Dieu, toute notre âme ne soit pas absorbée dans son amour; qu'elle s'arrête encore aux créatures, au lieu de se plonger et de se perdre dans la source de tout bien. Qu'est-ce que le bonheur, sinon l'amour? et qu'est-ce que le bonheur infini, sinon un amour sans bornes? Il faut donc à notre cœur un objet infini, il faut Dieu: rien de créé ne saurait le satisfaire jamais. Que me veut le monde? Qu'ai-je besoin de lui? Que peut-il me donner? Mon cœur est plus grand que tous ses biens, et Dieu seul est plus grand que mon cœur364. Dieu seul donc, Dieu seul, maintenant et toujours: éternellement Dieu seul!
[364] Joann., III, 20.