CHAPITRE XLIII.
Contre la vaine science du siècle.
1. J.-C. Mon fils, ne vous laissez pas émouvoir au charme et à la beauté des discours des hommes: car le royaume de Dieu ne consiste pas dans les discours, mais dans les œuvres414.
[414] I. Cor., IV, 20.
Soyez attentif à mes paroles, qui enflamment le cœur, éclairent, attendrissent l'âme, et la remplissent de consolation.
Ne lisez jamais pour paraître plus savant ou plus sage.
Étudiez-vous à mortifier vos vices; cela vous servira plus que la connaissance des questions les plus difficiles.
2. Après avoir beaucoup lu et beaucoup appris, il en faut toujours revenir à l'unique principe de toutes choses.
C'est moi qui donne à l'homme la science, et qui éclaire l'intelligence des petits enfants, plus que l'homme ne le pourrait par aucun enseignement.
Celui à qui je parle est bientôt instruit, et fait de grands progrès dans la vie de l'esprit.
Malheur à ceux qui interrogent les hommes sur toutes sortes de questions curieuses, et qui s'inquiètent peu d'apprendre à me servir!
Viendra le jour où Jésus-Christ, le Maître des maîtres, le Seigneur des anges, apparaîtra, pour demander compte à chacun de ce qu'il sait, c'est-à-dire pour examiner les consciences.
Et alors, la lampe à la main, il scrutera Jérusalem415: les secrets des ténèbres seront dévoilés416, et toute langue se taira.
[415] Soph., 1, 12.
[416] Cor., IV, 5.
3. C'est moi qui, en un moment, élève l'âme humble, et la fais pénétrer plus avant dans la vérité éternelle, que ne le pourrait celui qui aurait étudié dix années dans les écoles.
J'enseigne sans bruit de paroles, sans embarras d'opinions, sans faste, sans arguments, sans disputes.
J'apprends à mépriser les biens de la terre, à dédaigner ce qui passe, à rechercher et à goûter ce qui est éternel, à fuir les honneurs, à souffrir les scandales, à mettre en moi toute son espérance, à ne désirer rien hors de moi, et à m'aimer ardemment et par-dessus tout.
4. Quelques-uns, en m'aimant ainsi, ont appris des choses toutes divines, dont ils parlaient d'une manière admirable.
Ils ont fait plus de progrès en quittant tout, que par une profonde étude.
Mais je dis aux uns des choses plus générales; aux autres, de plus particulières. J'apparais à quelques-uns doucement voilé sous des ombres et des figures; je révèle à d'autres mes mystères au milieu d'une vive splendeur.
Les livres parlent à tous le même langage; mais il ne produit pas sur tous les mêmes impressions, parce que moi seul j'enseigne la vérité au dedans, je scrute les cœurs, je pénètre les pensées, j'excite à agir, et je distribue mes dons à chacun, selon qu'il me plaît.