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Classiquesen Ligne

RÉFLEXION.

Tout ce qu'offrait de plus grand, de plus imposant, de plus saint, le culte de l'ancienne alliance, n'était qu'une légère ombre des mystères de l'Homme-Dieu. David célèbre avec pompe le retour de l'arche à Jérusalem: mais cette arche était vide, elle ne renfermait pas le Sauveur du genre humain. Salomon bâtit un temple magnifique; il en fait, en présence du peuple saisi de respect, la dédicace solennelle; des victimes sans nombre sont immolées; mais ces victimes, qu'est-ce? de vils animaux dont le sang ne peut apaiser la souveraine Justice. Le monde demeurait dans l'attente du salut annoncé, lorsque voilà qu'au moment prédit, s'accomplissent les promesses aperçues et saluées de loin par les Patriarches, durant leur pèlerinage sur la terre580. Le désiré des nations581, le Dominateur, l'Ange de l'alliance582, celui dont le nom est Jehovah583, vient dans son temple584, et le vrai sacrifice de propitiation remplace à jamais les sacrifices figuratifs585. Au fond du tabernacle, sous les voiles du sanctuaire repose l'Hostie toujours vivante, l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde586. Le même qui est assis à la droite du Père587, est là présent, et sa voix nous appelle: Prenez et mangez, ceci est mon corps: buvez, ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, répandu pour la rémission des péchés588. Mangez, ô mes amis: buvez, enivrez-vous, mes bien-aimés589! vous tous qui avez soif, venez à la source590 dont les eaux rejaillissent dans l'éternelle vie591. Ceux qui, refusant de se désaltérer à cette source pure, s'en vont cherchant à l'écart des eaux furtives592, Dieu leur prépare un breuvage assoupissant, et leurs yeux se ferment. Dans ce sommeil, il leur semble qu'ils ont faim et qu'ils mangent, et au réveil leur âme est vide. Altérés, ils rêvent qu'ils boivent, et ils se réveillent pleins de lassitude, et ils ont encore soif, et leur âme est vide593. Venez donc: je suis le pain de vie; celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif594. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour595. Seigneur, je crois et j'adore: mon âme, haletante de désir, s'élance vers vous; et puis soudain une grande frayeur l'arrête: car, hélas! que suis-je pour oser m'approcher de mon Dieu? Quand je considère mes souillures, ma bassesse, ma misère profonde, je n'ai plus qu'un sentiment, qu'une parole: Retirez-vous de moi, parce que je suis un homme pécheur596. Cependant, ô Jésus, ce sont les pécheurs que vous êtes venu appeler, et non pas les justes597. Et c'est pourquoi, frappant ma poitrine et implorant votre miséricorde, je me lèverai et j'irai598: j'irai avec une vive foi, avec un ardent amour, vers le Fils, le Verbe, splendeur de la gloire de Dieu, et figure de sa substance599, vers le Sauveur divin qui nous purifie de nos péchés600, qui s'incorpore à sa créature, pour l'élever jusqu'à lui; j'irai, et je dirai: Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez en moi; mais dites seulement un mot, et mon âme sera guérie601.

[580] Hebr., XI, 3.

[581] Agg., II, 8.

[582] Malach., III, 1.

[583] Jér., XXIII, 6.

[584] Malach., III, 1.

[585] Ibid. 3.

[586] Joann., I, 29.

[587] Ps. CIX, 1. Hebr., I, 3.

[588] Matth., XXVI, 27, 28.

[589] Cant., V, 1.

[590] Is., LV, 1

[591] Joann., IV, 14.

[592] Prov., IX, 17.

[593] Is., XXIX, 10, 8.

[594] Joann., VI, 35.

[595] Ibid., 55.

[596] Luc., V, 8.

[597] Matth., IX, 13.

[598] Luc., XV, 18.

[599] Hebr., I, 3.

[600] Ibid.

[601] Matth., VIII, 8.