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VOIX DU DISCIPLE.

1. Seigneur mon Dieu, prévenez votre serviteur de vos plus douces bénédictions622, afin que je puisse approcher dignement et avec ferveur de votre auguste Sacrement.

[622] Ps. XX, 3.

Rappelez mon cœur à vous; réveillez-moi du profond assoupissement où je languis. Visitez-moi pour me sauver623, pour que je goûte intérieurement la douceur qui est cachée en abondance dans ce Sacrement, comme dans sa source.

Faites briller aussi votre lumière à mes yeux, afin qu'ils discernent un si grand mystère, et fortifiez ma foi pour le croire inébranlablement.

[623] Ps. CV, 4.

Car c'est l'œuvre de votre amour et non de la puissance humaine: c'est votre institution sacrée, et non une invention de l'homme.

Nul ne peut concevoir par lui-même des merveilles au-dessus de la pénétration des Anges mêmes.

Que pourrai-je donc, moi, pécheur indigne, moi, cendre et poussière, découvrir et comprendre d'un mystère si haut?

2. Seigneur, dans la simplicité de mon cœur, avec une foi ferme et sincère, et sur le commandement que vous m'en avez fait, je m'approche de vous plein de confiance et de respect; et je crois, sans hésiter, que vous êtes ici présent dans ce Sacrement, et comme Dieu et comme homme.

Vous voulez donc que je vous reçoive et que je m'unisse à vous dans la charité?

C'est pourquoi j'implore votre clémence, et je vous demande en ce moment une grâce particulière, afin qu'embrasé d'amour, je me fonde et m'écoule tout entier en vous, et que je ne désire plus aucune autre consolation.

Car cet adorable Sacrement est le salut de l'âme et du corps, le remède de toute langueur spirituelle. Il guérit les vices, réprime les passions, dissipe les tentations ou les affaiblit, augmente la grâce, accroît la vertu, affermit la foi, fortifie l'espérance, enflamme et dilate l'amour.

3. Quels biens sans nombre n'avez-vous pas accordés, et n'accordez-vous pas encore chaque jour dans ce Sacrement, à ceux que vous aimez, et qui le reçoivent avec ferveur, ô mon Dieu, unique appui de mon âme, réparateur de l'infirmité humaine, source de toute consolation intérieure!

Car vous les consolez avec abondance en leurs tribulations diverses; vous les relevez de leur abattement par l'espérance de votre protection; vous les ranimez intérieurement et les éclairez par une grâce nouvelle; de sorte que ceux qui se sentaient pleins de trouble et de tiédeur avant la communion, se trouvent tout changés après s'être nourris de cette viande et de ce breuvage céleste.

Vous en usez ainsi avec vos élus, afin qu'ils reconnaissent clairement, et par une manifeste expérience, toute la faiblesse qui leur est propre, et tout ce qu'ils reçoivent de votre grâce et de votre bonté.

Car d'eux-mêmes, froids, durs, sans goût pour la piété, par vous ils deviennent pieux, zélés, fervents.

Qui, en effet, s'approchant humblement de la fontaine de suavité, n'en remporte pas un peu de douceur? ou qui, se tenant près d'un grand feu, n'en reçoit pas quelque chaleur?

Vous êtes, mon Dieu, cette fontaine toujours pleine et surabondante, ce feu toujours ardent, et qui ne s'éteint jamais.

4. Si donc il ne m'est pas permis de puiser à la plénitude de la source, et de m'y désaltérer parfaitement, j'approcherai cependant ma bouche de l'ouverture par où s'écoulent les eaux célestes, afin d'en recueillir au moins une petite goutte pour apaiser ma soif, et ne pas tomber dans une entière sécheresse.

Et si je ne puis encore être tout céleste, et tout de feu, comme les Chérubins et les Séraphins, je m'efforcerai pourtant de m'animer à la piété, et de préparer mon cœur, afin qu'en participant avec humilité à ce Sacrement de vie, je reçoive au moins quelque légère étincelle de ce feu divin.

Bon Jésus, Sauveur très-saint, suppléez vous-même, par votre bonté et votre grâce, à ce qui me manque, vous qui avez daigné appeler à vous tous les hommes, en disant: Venez à moi, vous tous qui êtes accablés de travail et de douleur, et je vous soulagerai624.

[624] Matth., XI, 28.

5. Je travaille à la sueur de mon front, mon cœur est brisé de douleur, le poids de mes péchés m'accable, les tentations m'agitent, une foule de passions mauvaises m'enveloppent et me pressent; et il n'y a personne qui me secoure, qui me délivre, qui me sauve, si ce n'est vous, Seigneur mon Dieu, mon Sauveur, entre les mains de qui je me remets, et tout ce qui est à moi, afin que vous me protégiez et me conduisiez à la vie éternelle.

Recevez-moi pour l'honneur et la gloire de votre nom, vous qui m'avez préparé votre corps et votre sang pour nourriture et pour breuvage.

«Faites, Seigneur mon Dieu, mon Sauveur, que ma ferveur et mon amour croissent d'autant plus, que je participe plus souvent à ce divin mystère625

[625] Oraison de l'Église.