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Classiquesen Ligne

RÉFLEXION.

Il y a une voix qui nous parle intérieurement et comme dans le fond de l'âme, lorsque fermant l'oreille au bruit des créatures, nous ne voulons plus écouter que Dieu seul, et que nous l'appelons en nous de toute l'ardeur de nos désirs. C'est cette voix qui, loin des hommes, ravissait au désert les Paul, les Antoine, les Pacôme, et leur révélait sans obscurité les secrets de la science divine. C'est cette voix qui instruit les saints, les enflamme, les console et les enivre, pour ainsi dire, de sa céleste douceur. Moïse et les prophètes étaient voilés pour les disciples d'Emmaüs: Jésus vient, et, à sa voix, les ombres qui offusquaient leur intelligence se dissipent; quelque chose d'inconnu se remue en eux, de sorte qu'ils se disaient l'un à l'antre: Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au dedans de nous, lorsqu'il nous parlait dans le chemin, et nous ouvrait les Écritures166? Et nous, pauvres infortunés que le tumulte du monde distrait encore, que ferons-nous? Ne voulons-nous point aussi entendre Jésus? Comme les deux disciples, nous sommes en voyage; nous nous en allons vers l'éternité. Jésus, dans son amour, s'approche de nous; il se fait, en quelque sorte, le compagnon de notre route167: mais, nous trouvant si peu attentifs, il se retire, et nous marchons seuls. Effrayante solitude! Ah! prenons garde que la nuit ne nous surprenne près du terme! Hâtons-nous de rappeler le divin guide et disons-lui de toute notre âme: Seigneur demeurez avec nous, car le soir se fait et déjà le jour baisse168.

[166] Luc., XXIV, 32.

[167] Ibid., 15.

[168] Ibid., 29.