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Classiquesen Ligne
Émile Zola
La Débâcle
MDCCCXCII
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Project Gutenberg
XIXe siècle · 1892

La Débâcle

1892Roman Français RomanNaturalisme
Guerre

La Débâcle (1892), dix-neuvième volume des Rougon-Macquart, est le grand roman de guerre de Zola, consacré à la défaite française de 1870 face à la Prusse et à l'effondrement du Second Empire qui s'ensuit. Jean Macquart, déjà croisé comme paysan dans La Terre, et son jeune camarade Maurice Levasseur, engagés dans l'armée impériale, vivent de l'intérieur le désastre militaire de Sedan, l'encerclement humiliant de l'armée française, la capture de Napoléon III lui-même, puis l'effroyable chaos du siège de Paris et l'explosion de violence civile de la Commune qui embrase la capitale l'année suivante. Zola, qui a mené une enquête minutieuse auprès d'anciens combattants et sur les lieux mêmes des batailles pour restituer avec un réalisme implacable l'horreur des champs de bataille, la confusion des ordres, la faim, la maladie et la déroute, construit un dénouement d'une puissance tragique absolue : dans les derniers combats de la Commune, Jean, engagé du côté des Versaillais, tue par erreur son propre ami Maurice, passé du côté des insurgés communards, symbole ultime d'une nation déchirée jusqu'à se retourner contre elle-même. Best-seller immédiat porté par la proximité encore vive du traumatisme national qu'il décrit, La Débâcle reste l'un des plus grands romans français sur la guerre et la défaite, et l'un des rares à raconter la Commune de Paris du point de vue de ceux qui l'ont réprimée dans le sang. Zola, qui n'avait alors que dix ans au moment des faits, a mené une enquête minutieuse sur le terrain même de Sedan et interrogé de nombreux témoins et vétérans pour restituer avec exactitude la topographie des combats et l'enchaînement des erreurs stratégiques qui ont mené au désastre, souci documentaire qui fait de ce roman une source historique autant qu'une œuvre littéraire. Zola y consacre une attention particulière à la responsabilité du commandement militaire français, dont l'impréparation et les rivalités internes sont dépeintes comme des causes aussi déterminantes de la défaite que la seule supériorité prussienne.