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Honoré de Balzac
La Duchesse de Langeais
MDCCCLV
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Source : Wikisource
XIXe siècle · 1855

La Duchesse de Langeais

1855Classique Français ClassiqueRéalisme
SociétéAmour

La Duchesse de Langeais (1834), second volet du triptyque de L'Histoire des Treize, raconte la passion orgueilleuse et destructrice entre le général Armand de Montriveau, héros militaire de retour d'expédition, et la duchesse de Langeais, grande dame du faubourg Saint-Germain aussi séduisante que coquette, qui multiplie les provocations amoureuses envers lui sans jamais vouloir lui céder, par pur jeu de vanité mondaine et de respectabilité sociale à préserver. Poussé à bout par ce jeu cruel qui l'humilie publiquement, Montriveau menace de marquer la duchesse au fer rouge en public pour la déshonorer, ce qui provoque enfin chez elle, trop tard, une prise de conscience amoureuse sincère au moment même où elle perd tout crédit dans le monde après cette provocation scandaleuse. Repentie et véritablement éprise, elle se rend chez lui pour s'offrir enfin sans réserve, mais Montriveau, blessé par ses refus passés et désormais entouré des mystérieux « Treize », une société secrète d'hommes puissants liés par un pacte d'entraide absolue, tarde à répondre à son appel jusqu'à ce qu'elle ait disparu, entrée au couvent sous un nom d'emprunt par désespoir amoureux. Lorsque Montriveau et les Treize la retrouvent enfin des années plus tard, il n'est déjà plus temps : elle se meurt, et le général ne pourra recueillir que son corps. Roman sur l'orgueil aristocratique et le temps perdu en coquetteries mondaines, il est l'un des plus poignants portraits balzaciens de la passion contrariée par les convenances sociales. Ce roman s'inscrit dans le triptyque de L'Histoire des Treize aux côtés de Ferragus et de La Fille aux yeux d'or, trois récits unis par la présence récurrente de cette société secrète de puissants alliés par un pacte de solidarité absolue, procédé narratif qui préfigure directement la technique balzacienne des personnages reparaissants déployée à l'échelle de toute La Comédie humaine. Balzac publie ce roman en 1834 au sein de la Scène de la vie parisienne, avant de le rattacher rétrospectivement à l'ensemble plus vaste de La Comédie humaine lors de sa grande refonte éditoriale de 1842.