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Honoré de Balzac
La Grande Bretèche (fin de Autre étude de femme)
MDCCCXXXI
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XIXe siècle · 1831

La Grande Bretèche (fin de Autre étude de femme)

1831Classique Français ClassiqueRéalisme
Mer et voyagesAmourMortMariageVengeance

La Grande Bretèche (1831) raconte, à travers un récit enchâssé confié par un notaire de province à un narrateur de passage, le destin tragique de Madame de Merret, châtelaine dont l'époux, rentré chez lui un soir plus tôt que prévu, surprend un bruit suspect dans un cabinet attenant à la chambre conjugale et soupçonne aussitôt sa femme d'y dissimuler un amant. Madame de Merret jure sur un crucifix qu'il n'y a personne, mensonge que son mari, sans jamais élever la voix ni recourir à la moindre violence apparente, choisit de prendre au mot avec une froideur terrifiante : il fait murer sur-le-champ la porte du cabinet par un maçon, condamnant ainsi à une mort lente et silencieuse l'amant réellement caché derrière la cloison, sans jamais formuler explicitement son accusation ni permettre à son épouse de sauver celui qu'elle a pourtant nié protéger. Balzac y déploie un art du suspense psychologique et de la cruauté rentrée d'une efficacité redoutable, toute la tension du récit reposant sur ce qui n'est jamais dit ouvertement entre les deux époux, le mari punissant sa femme par le seul silence complice qu'il impose à sa propre vengeance plutôt que par un éclat public qui aurait sali son honneur. Cette nouvelle brève, d'abord publiée dans les Contes bruns avant d'être rattachée à Autre étude de femme au sein de La Comédie humaine, reste l'une des plus célèbres et des plus glaçantes de tout l'œuvre courte de Balzac pour sa maîtrise du non-dit et de l'horreur suggérée plutôt que montrée. Par sa cruauté silencieuse et sa construction narrative en récit enchâssé, La Grande Bretèche demeure un modèle du genre de la nouvelle noire balzacienne. Ce texte reste aujourd'hui l'une des nouvelles balzaciennes les plus fréquemment anthologisées pour l'efficacité redoutable de sa construction dramatique en quelques pages seulement. Le silence total qui entoure le sort final de l'amant ajoute encore à l'horreur suggérée du texte.