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Classiquesen Ligne
Émile Zola
La Joie de vivre
MDCCCLXXXIV
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Wikisource
XIXe siècle · 1884

La Joie de vivre

1884Classique Français ClassiqueNaturalisme
FamilleMort

La Joie de vivre (1884), douzième volume des Rougon-Macquart, oppose la vitalité et l'optimisme incurable de Pauline Quenu, jeune orpheline recueillie par ses cousins normands après la mort de ses parents, à l'hypocondrie et à l'angoisse maladive de son cousin Lazare, obsédé en permanence par la peur de la mort et de la souffrance au point d'en devenir incapable d'agir ou de mener à bien le moindre projet de sa vie. Pauline, riche d'un petit héritage, aime sincèrement Lazare et se laisse peu à peu dépouiller par lui et par sa tante avare qui détourne sa fortune pour financer les projets chimériques et sans cesse abandonnés du jeune homme, sans jamais renoncer elle-même à sa générosité ni à sa joie de vivre foncière malgré les sacrifices qu'on lui impose. Zola construit ainsi un roman presque philosophique, opposant deux tempéraments héréditaires radicalement contraires issus de la même lignée des Rougon-Macquart : l'énergie vitale et le don de soi de Pauline contre le pessimisme paralysant et l'égoïsme inconscient de Lazare, dans une méditation quasi schopenhauerienne sur la souffrance et le sens de l'existence. Le roman culmine dans une scène d'accouchement d'un réalisme physiologique cru et bouleversant, où Pauline, en sauvant la vie d'une accouchée et de son enfant au péril de la sienne, incarne jusqu'au bout cette capacité à donner malgré tout un sens et une joie à l'existence, envers et contre le nihilisme de ceux qui l'entourent. Ce roman, plus intime et philosophique que les grandes fresques sociales du cycle, reflète directement la propre angoisse existentielle et la hantise de la mort qui hantaient Zola lui-même durant la période de sa composition, faisant de Lazare une figure partiellement autobiographique de ses propres tourments intérieurs. Ce roman reste aujourd'hui l'un des plus philosophiques et des plus personnels de tout le cycle des Rougon-Macquart.