En trente-cinq courts chapitres indépendants, proches de la micro-nouvelle, Colette ressuscite son enfance heureuse à Saint-Sauveur-en-Puisaye à travers le portrait aimant de sa mère Sido — « Ma mère et les livres », « Ma mère et les bêtes », « Ma mère et le curé » — mais aussi celui de son père et de ses frères et sœurs. Publié en 1922, ce recueil largement autobiographique fait des jardins, des odeurs et des animaux de la maison familiale les personnages à part entière d'une célébration tendre de l'enfance rurale. Publié en 1922, entre deux périodes plus sombres de sa vie personnelle et professionnelle, ce recueil marque un retour affectueux et apaisé de Colette vers l'enfance, offrant un contrepoint lumineux à la veine plus sensuelle et plus scandaleuse qui domine alors sa réputation littéraire, notamment après Le Blé en herbe publié la même année. Ce texte, construit comme une mosaïque de souvenirs plutôt que comme un récit linéaire, annonce par sa forme fragmentée les futurs recueils autobiographiques que Colette continuera de composer tout au long de sa carrière, revenant sans cesse par petites touches successives sur les mêmes figures familiales aimées. Le titre du recueil, qui reprend le nom du personnage éponyme de ses tout premiers romans, les Claudine, souligne le lien affectif que Colette entretient tout au long de sa carrière entre sa propre enfance réelle et les personnages de fiction qu'elle en tire sans cesse. Ce recueil reste l'un des textes les plus tendres et les plus lumineux de toute l'œuvre de Colette, offrant un contrepoint apaisé à la sensualité plus sombre qui domine ses romans de la même période. Ce livre continue d'être offert comme une porte d'entrée idéale dans l'œuvre de Colette. Chaque chapitre bref se savoure comme une miniature indépendante et achevée. Colette y déploie une écriture d'une grande économie de moyens.