Le Bossu (1857) met en scène Henri de Lagardère, spadassin loyal témoin de l'assassinat du duc de Nevers par son cousin jaloux le prince de Gonzague, qui jure sur l'instant de venger son ami et de protéger sa fille orpheline, Aurore, disparue le soir même du crime. Des années durant, Lagardère se dissimule sous le déguisement d'un bossu inoffensif pour infiltrer l'entourage de Gonzague et préparer sa vengeance, jusqu'au duel final où il révèle sa véritable identité à son ennemi médusé par la réplique restée célèbre : « Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! ». Paul Féval y déploie tout son art du roman de cape et d'épée, mêlant panache, déguisement et vengeance patiente dans une intrigue aussi haletante que celle des grands romans de Dumas, dont Le Bossu reste le rival direct en popularité. Sans cesse réédité et adapté au cinéma et au théâtre depuis plus d'un siècle et demi, Le Bossu demeure le roman le plus lu de Paul Féval et l'un des grands classiques populaires du roman de cape et d'épée français. Publié en feuilleton dans Le Siècle du 7 mai au 15 août 1857 avant sa parution en volume l'année suivante, le roman connaît un triomphe immédiat, le plus grand succès romanesque du tout début du Second Empire, faisant définitivement de Lagardère un rival populaire des grands héros d'Alexandre Dumas dans le cœur des lecteurs français. Paul Féval, auteur prolifique de romans-feuilletons qui partage alors la faveur du public avec Alexandre Dumas lui-même, y atteint son sommet de popularité, Le Bossu restant depuis lors le plus lu et le plus adapté de toute son immense production romanesque, au cinéma comme au théâtre, sans discontinuer depuis plus d'un siècle et demi. Le personnage de Lagardère, mélange de bretteur inflexible et de père protecteur, incarne une figure de justicier populaire qui dépasse largement le cadre du roman d'origine dans l'imaginaire collectif français.