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Honoré de Balzac
Le Contrat de mariage (Balzac)
MDCCCLV
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Source : Wikisource
XIXe siècle · 1855

Le Contrat de mariage (Balzac)

1855Classique Français ClassiqueRéalisme
MariageArgent

Le Contrat de mariage (1835), d'abord intitulé La Fleur des pois, raconte le mariage entre Paul de Manerville, jeune dandy parisien de fortune modeste mais de bonne famille, et Natalie Évangélista, l'une des plus jolies héritières de Bordeaux, union que les deux familles négocient pour des raisons opposées et largement intéressées, avant que le propre notaire de Paul ne découvre, en préparant minutieusement le contrat de mariage, que la fortune promise de Natalie a en réalité été largement dilapidée depuis des années par sa mère, Madame Évangélista, qui tente alors, vexée d'avoir été démasquée dans cette dissimulation financière, de se venger en manœuvrant avec la complicité de sa propre fille pour dépouiller Paul de sa fortune personnelle au profit de Natalie. Balzac y développe avec une précision juridique et financière remarquable les subtilités techniques du droit matrimonial français de son époque, montrant comment un contrat de mariage en apparence anodin peut devenir l'instrument d'une véritable spoliation légale entre époux, Paul se retrouvant progressivement ruiné par les manœuvres conjuguées de sa belle-mère et de son épouse elle-même, complice active de cette entreprise de dépouillement conjugal malgré les sentiments sincères qui unissent initialement les deux jeunes gens. Le couple, uni par un amour réel au départ mais rongé par ces manipulations financières calculées, finit par se séparer après cinq années d'un mariage progressivement empoisonné, contraignant Paul ruiné à s'exiler outre-mer pour tenter de refaire fortune loin de la France. Par sa dissection minutieuse des mécanismes juridiques et financiers du mariage bourgeois, Le Contrat de mariage illustre la lucidité balzacienne sur l'argent comme véritable enjeu caché des unions conjugales de son époque. Ce roman illustre avec une précision remarquable l'intérêt personnel de Balzac lui-même pour les questions de droit, qu'il avait étudié avant de se consacrer entièrement à la littérature. Ce titre alternatif, La Fleur des pois, renvoyait ironiquement à l'élégance apparente et trompeuse du jeune Paul de Manerville au début du récit.