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Classiquesen Ligne
Octave Mirbeau
Le jardin des supplices
MDCCCXCIX
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Project Gutenberg
XIXe siècle · 1899

Le jardin des supplices

1899Roman Français Roman
NatureJustice

Le Jardin des supplices (1899) raconte, à travers le récit d'un narrateur français cynique et opportuniste envoyé en mission diplomatique fictive en Extrême-Orient, sa rencontre avec Clara, femme anglaise d'une beauté fascinante mais dont la sensualité se révèle intimement et morbidement liée à une fascination trouble pour la cruauté et la souffrance, qui l'entraîne visiter un jardin chinois somptueux où se pratiquent, sous couvert d'une esthétique raffinée et de fleurs magnifiques, les supplices et les tortures les plus raffinés et les plus atroces infligés aux condamnés du système judiciaire chinois de l'époque. Mirbeau y développe une méditation d'une noirceur radicale sur la cruauté humaine universelle, suggérant à travers cette juxtaposition délibérément choquante entre la beauté esthétique la plus raffinée du jardin et l'horreur la plus insoutenable des supplices qui s'y pratiquent que la civilisation occidentale, malgré ses prétentions morales supérieures affichées envers les cultures qu'elle colonise et méprise, dissimule elle-même des pulsions de cruauté et de fascination morbide pour la souffrance d'autrui tout aussi profondes que celles qu'elle prétend dénoncer chez les civilisations orientales qu'elle juge barbares. Ce roman, l'un des plus scandaleux et des plus radicalement provocateurs de toute la littérature française fin de siècle par la crudité de ses descriptions de tortures et l'absence totale de complaisance morale envers ses propres personnages occidentaux, illustre l'anarchisme individualiste le plus radical de Mirbeau et sa dénonciation sans concession de toute forme d'hypocrisie civilisationnelle. Par sa noirceur radicale et sa dénonciation de la cruauté universelle, ce roman reste l'une des œuvres les plus provocatrices de toute la littérature fin de siècle française. Mirbeau, proche des milieux anarchistes de son temps, y prolonge la veine polémique et provocatrice déjà à l'œuvre dans son théâtre et ses chroniques journalistiques, refusant systématiquement toute complaisance morale envers quelque camp que ce soit. Le roman s'ouvre par ailleurs sur une longue préface satirique consacrée à la vie parlementaire française, que Mirbeau traite avec le même mépris corrosif que les scènes de torture orientales qui suivent.