Aller au contenu principal
Classiquesen Ligne

Scène II


LE PÈRE DE FAMILLE, LE COMMANDEUR, CÉCILE, GERMEUIL, LA BRIE.
Le père de famille.

Est-ce pour leur bonheur, est-ce pour le nôtre qu’ils sont nés ?… Hélas ! ni l’un ni l’autre. (La Brie vient avec des bougies, en place où il en faut ; et lorsqu’il est sur le point de sortir, le Père de famille l’appelle.) La Brie !

La Brie.

Monsieur.

Le père de famille, après une petite pause, pendant laquelle il a continué de rêver et de se promener.

Où est mon fils ?

La Brie.

Il est sorti.

Le père de famille.

À quelle heure ?

La Brie.

Monsieur, je n’en sais rien.

Le père de famille. (Encore une pause.)

Et vous ne savez pas où il est allé ?

La Brie.

Non, monsieur.

Le commandeur.

Le coquin n’a jamais rien su. Double deux.

Cécile.

Mon cher oncle, vous n’êtes pas à votre jeu.

Le commandeur, ironiquement et brusquement.

Ma nièce, songez au vôtre.

Le père de famille, à La Brie, toujours en se promenant et rêvant.

Il vous a défendu de le suivre ?

La Brie, feignant de ne pas entendre.

Monsieur ?

Le commandeur.

Il ne répondra pas à cela. Terne.

Le père de famille, toujours en se promenant et rêvant.

Y a-t-il longtemps que cela dure ?

La Brie, feignant encore de ne pas entendre.

Monsieur ?

Le commandeur.

Ni à cela non plus. Terne encore. Les doublets me poursuivent.

Le père de famille.

Que cette nuit me paraît longue !

Le commandeur.

Qu’il en vienne encore un, et j’ai perdu. Le voilà (À Germeuil qui rit.) Riez, monsieur, ne vous contraignez pas.

(La Brie est sorti. La partie de trictrac finit. Le Commandeur, Cécile et Germeuil s’approchent du Père de famille.)