Scène XII
Oui, monsieur, c’est lui ; c’est lui qui accompagnait le méchant qui me l’a ravie. Je l’ai reconnu tout d’abord.
Coquin ! À quoi tient-il que je n’envoie chercher un commissaire pour t’apprendre ce que l’on gagne à se prêter à des forfaits !
Monsieur, ne me perdez pas ; vous me l’avez promis.
Eh bien ! elle est donc ici ?
Oui, monsieur.
Elle est ici, ô Commandeur, et tu ne l’as pas deviné ! (À Deschamps.) Et c’est dans l’appartement de ma nièce ?
Oui, monsieur.
Et le coquin qui suivait le carrosse, c’est toi ?
Oui, monsieur.
Et l’autre, qui était dedans, c’est Germeuil ?
Oui, monsieur.
Germeuil ?
Il vous l’a déjà dit.
Oh ! pour le coup, je les tiens.
Monsieur, quand ils l’ont emmenée, elle me tendait les bras, et elle me disait : Adieu, ma bonne, je ne vous reverrai plus ; priez pour moi. Monsieur, que je la voie, que je lui parle, que je la console !
Cela ne se peut… (À part.) Quelle découverte !
Sa mère et son frère me l’ont confiée. Que leur répondrai-je quand ils me la redemanderont ? Monsieur, qu’on me la rende, ou qu’on m’enferme avec elle.
Cela se fera, je l’espère. (À madame Hébert.) Mais pour le présent, allez, allez vite ; et surtout ne reparaissez plus ; si l’on vous aperçoit, je ne réponds de rien.
Mais on me la rendra, et je puis y compter ?
Oui, oui, comptez et partez.
Que maudits soient la vieille, et le portier qui l’a laissée passer !
Et toi, maraud… va, conduis cette femme chez elle… et songe que si l’on découvre qu’elle m’a parlé… ou si elle se remontre ici, je te perds[10].