Scène VII
Ma nièce, tu as là une femme de chambre bien alerte… On ne saurait faire un pas sans la rencontrer… Mais te voilà, toi, bien rêveuse et bien délaissée… Il me semble que tout commence à se rasseoir ici.
Oui… je crois… que… Ah !
La voix et les mains te tremblent… C’est une cruelle chose que le trouble… Ton frère me paraît un peu remis… Voilà comme ils sont tous. D’abord, c’est un désespoir où il ne s’agit de rien moins que de se noyer ou se pendre. Tournez la main, pist, ce n’est plus cela… Je me trompe fort, ou il n’en serait pas de même de toi. Si ton cœur se prend une fois, cela durera.
Encore !
Ton ouvrage va mal.
Fort mal.
Comment Germeuil et ton frère sont-ils maintenant ? Assez bien, ce me semble ?… Cela s’est apparemment éclairci… Tout s’éclaircit à la fin… et puis on est si honteux de s’être mal conduit !… Tu ne sais pas cela, toi, qui as toujours été si réservée, si circonspecte.
Je n’y tiens plus. (Elle se lève.) J’entends, je crois, mon père.
Non, tu n’entends rien… C’est un étrange homme, que ton père ; toujours occupé, sans savoir de quoi. Personne, comme lui, n’a le talent de regarder et de ne rien voir… Mais, revenons à l’ami Germeuil… Quand tu n’es pas avec lui, tu n’es pas trop fâchée qu’on t’en parle… Je n’ai pas changé d’avis sur son compte, au moins.
Mon oncle…
Ni toi non plus, n’est-ce pas ?… Je lui découvre tous les jours quelque qualité ; et je ne l’ai jamais si bien connu… C’est un garçon surprenant… (Cécile se lève encore.) Mais tu es bien pressée ?
Il est vrai.
Qu’as-tu qui t’appelle ?
J’attendais mon père. Il tarde à venir, et j’en suis inquiète.