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Émile Zola
Les Rougon-Macquart. 4, La conquête de Plassans
XIXᵉ siècle
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Gallica / Bibliothèque nationale de France
XIXᵉ siècle · null

Les Rougon-Macquart. 4, La conquête de Plassans

Classique Français ClassiqueNaturalisme
PolitiqueReligionFamille

La Conquête de Plassans (1874), quatrième volume des Rougon-Macquart, retourne à Plassans, la ville de province fictive du sud de la France où débute toute la saga familiale, pour raconter comment l'abbé Faujas, prêtre ambitieux envoyé secrètement par le pouvoir bonapartiste pour reprendre en main politiquement la ville, s'installe comme locataire chez François Mouret et sa femme Marthe, fille d'un des Rougon, et prend peu à peu un ascendant total sur leur foyer. Sous couvert de dévotion religieuse, Faujas manipule méthodiquement Marthe jusqu'à la faire basculer dans une bigoterie exaltée qui détruit son mariage et sa santé mentale, tandis que François Mouret, dépossédé de son propre foyer et de l'autorité sur sa maison, sombre lui-même peu à peu dans la folie et la persécution, jusqu'à un dénouement d'une violence extrême où, interné puis évadé de l'asile, il incendie sa propre maison, tuant à la fois sa femme et l'abbé Faujas qui l'avait dépouillé de tout. Zola y mène une charge sévère contre l'instrumentalisation politique du clergé sous le Second Empire, où la religion devient un pur outil de conquête électorale et de contrôle social au service du pouvoir impérial, incarnée par ce prêtre froidement calculateur qui ne recule devant aucune manipulation psychologique. Roman moins connu que les grandes fresques parisiennes du cycle, il offre un éclairage cruel sur les mécanismes de pouvoir dans la France provinciale du XIXe siècle. Ce roman, qui referme la boucle ouverte avec La Fortune des Rougon en retournant à la ville fondatrice du cycle, illustre la méthode zolienne consistant à explorer méthodiquement tous les milieux sociaux et professionnels de la société du Second Empire, ici celui du clergé provincial instrumentalisé à des fins politiques. Ce roman reste aujourd'hui l'un des plus sombres du cycle par la violence de son dénouement et la noirceur de sa satire anticléricale.