LIVRES À LIRE,
Et à recommander pour la formation d'une bibliothèque.
De toutes les substances qu'on trouve dans une pharmacie, disait un médecin, choisissez-en vingt avec discernement, et vous pourrez vous passer du reste. À plus forte raison, dirions-nous, de toutes les œuvres d'une génération qui remplissent le catalogue d'un libraire, choisissez-en vingt avec discernement, et vous pourrez vous passer du reste. Une génération ne produit pas plus d'une vingtaine d'œuvres d'un intérêt universel, et ce sont celles-ci seules qui méritent de paraître sur les rayons d'une bonne bibliothèque. Hormis les cas d'études spéciales, c'est la qualité qu'il faut chercher, pas la quantité ni la nouveauté. Peu de livres, mais les meilleurs; ceux-là qui se recommandent par ce qu'il y a de bon et de beau indépendamment des temps et des lieux, ceux qu'en trouve toujours du plaisir et du profit à lire et à relire.
Tels sont les livres suivants, appartenant au cycle littéraire que nous venons de parcourir:
- Montaigne: Les Essais.
- Descartes: Discours de la Méthode.
- Corneille: Théâtre choisi.
- Pascal: Les Pensées.
- Molière: Théâtre complet.
- La Fontaine: Les Fables.
- Boileau: Œuvres poétiques.
- Racine: Théâtre complet.
- Bossuet: Oraisons funèbres. Connaissance de Dieu et de soi-même; Discours sur l'histoire universelle.
- Fénelon: Télémaque. Éducation des filles. Lettre sur les occupations de l'Académie.
- La Bruyère: Les Caractères.
- LA Rochefoucauld: Les Maximes.
- Mme. de Sévigné: Lettres choisies.
- Massillon: Le petit Carême.
Le charme de ces livres n'est pas seulement dans l'excellence du style, mais dans l'intérêt universel du sujet. La nature humaine y est peinte simplement, sincèrement, sans parti pris de l'amoindrir ni de l'enlaidir, sans intention malhonnête ni vaine curiosité. Le commerce en est salutaire: il développe le goût des lectures sérieuses, fortifie l'esprit, et est le meilleur préservatif contre tout ce qu'il y a d'artificiel, de faux et de corrompu en littérature.(Back to Content)