Scène VIII
Votre marchande est là, madame ; on m’a chargée…
Pas ce soir, — qu’on revienne.
Allons, chère affligée,
Qu’est-ce qui vous arrive ? une robe de bal ?
Eh bien ! essayez-la ; — ce n’est pas un grand mal.
Tantôt, s’il m’en souvient, vous l’aviez demandée.
Rien qu’en changeant de robe on peut changer d’idée.
— Comme vous pâlissez ! Qu’avez-vous, mon enfant ?
Oui,… cette femme-là ; … sa vue,… en ce moment…
Mais cette femme-là, ma belle, c’est Lisette.
Entrons chez vous. — Venez faire un peu de toilette.
Plaisons d’abord, petite, et le reste est à nous.
Allons, courage, allons.
Je m’abandonne à vous.
Devant votre bonté ma volonté s’incline :
Vous m’avez rappelé que j’étais orpheline.
Je vous dirai mes maux, mes craintes, mon tourment,
Tout, et vous comprendrez, madame, assurément,
Qu’un pauvre cœur blessé, cherchant qui le soutienne,
Ait besoin d’une mère, ayant perdu la sienne.