Aller au contenu principal
Classiquesen Ligne

Scène XIV


LA DUCHESSE, seule.

Pas encore.Adieu donc.Rester seule à veiller !
C’est mon rôle à présent. —
C’est mon rôle à présent. —Ah ! je me sens brisée.
Elle s’assoit sur un sofa.
Mon Dieu, quel triste jour ! ma force est épuisée.
Louison ne revient pas ; — que font-ils à ce bal ?
Singulier passe-temps que ce plaisir banal !
Déguiser son visage et sa voix, — pour quoi faire ?
Si ce qu’on dit est mal, autant vaudrait le taire.
S’il en est autrement, à quoi bon s’en cacher ?

Mais quoi ! c’est l’Inconnu qu’ils vont tous y chercher.
Le sommeil, malgré moi, m’accable ; — ma pensée
M’échappe, puis revient, puis s’arrête lassée.
Voyons, tâchons de lire un peu.
Elle prend un livre, l’ouvre, puis le remet sur la table.
Voyons, tâchons de lire un peu.C’est encor pis,
Un roman, juste ciel ! — mes yeux sont assoupis.
Quel ennui que l’attente !
Elle tire sa montre.
Quel ennui que l’attente !Hélas ! pauvre petite,
Je puis du bout du doigt te faire aller plus vite ;
Je puis briser aussi ton rouage léger ; —
Mais le temps ! — toi ni moi n’y pouvons rien changer.
Elle s’endort.