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Scène XVI


LA MARÉCHALE, LA DUCHESSE, LE DUC, LOUISON, BERTHAUD.
La maréchale.

Eh ! tenez, les voici.Que nous dit-on, Lisette ?
Vous voulez nous quitter sans qu’on vous le permette ?

Lisette.

Je venais demander cette permission.

La maréchale.

Vous épousez… monsieur ?

Le duc.

Vous épousez… monsieur ? C’est une passion.

Berthaud.

Oh ! oui.

Lisette.

Oh ! oui.Non, Monseigneur, ce n’est qu’un honnête homme,
Fils d’un de vos fermiers.

Berthaud, à la duchesse.

Fils d’un de vos fermiers.Oui, madame, on me nomme…

Lisette.

Tais-toi.

Berthaud.

Tais-toi.Pour quoi donc faire ? on me parle.

Lisette.

Tais-toi.Pour quoi donc faire ? on me parle.Tais-toi.

La duchesse, à Lisette.

Il n’est pas beau, Louison.

Lisette, à la duchesse.

Il n’est pas beau, Louison.Il l’est assez pour moi.

Le duc.

Parbleu ! monsieur Berthaud, vous ne vous gênez guères
De venir à Paris braconner sur nos terres,
Et nous ravir ainsi les cœurs en un moment.
Vous êtes un fripon.

Berthaud, à Louison.

Vous êtes un fripon.Ce seigneur est charmant.

Le duc.

Et votre poulet froid, sans compter la bouteille,
Vous en trouvez-vous bien ?

Berthaud.

Vous en trouvez-vous bien ? Monseigneur, à merveille ;
Je…

Lisette.

Je…Tais-toi donc.

Berthaud.

Je…Tais-toi donc.Encor ? toujours se taire ici !
Je me rattraperai chez nous.

Lisette, à la maréchale.

Je me rattraperai chez nous.Et vous aussi,
Madame, riez-vous de mon futur ménage ?

La maréchale, l’attirant à part.

Non, Louise, j’ai compris, et je vois ton courage.
Si j’ai peine, à présent, à te laisser partir,
Tu n’auras pas du moins lieu de t’en repentir.
Ta dot, bien entendu, me regarde, et j’espère
Rendre aussi ton retour agréable à ton père.
Quant à ton prétendu…

Lisette.

Quant à ton prétendu…Vous m’avez dit tantôt
De trouver un prétexte.

Le duc.

De trouver un prétexte.Allons, monsieur Berthaud,
Aimez bien votre femme ; elle est bonne et jolie.
C’est encore ici-bas la plus sage folie.

FIN DE LOUISON.



  1. Ces vers et les dix-neuf suivants se suppriment au théâtre.
    (Note de l’auteur.)
  2. Au lieu de ce vers on dit au théâtre :
    Ce sont de doux chagrins qui vous semblent amers.
    (Note de l’auteur.)

Cette comédie a été écrite pour le Théâtre-Français, qui en donna la première représentation le 22 février 1849. L’auteur avait compté sur mademoiselle Mante pour le rôle de la maréchale ; mais, au moment où les répétitions commençaient, cette grande actrice était déjà atteinte de la maladie à laquelle elle devait succomber. La pièce, accueillie avec faveur, fut cependant traitée fort sévèrement par la critique ; c’est à quoi le poète fait allusion dans le sonnet adressé à mademoiselle Anaïs, qui avait joué le rôle de Louison avec beaucoup de talent.

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