Les Mémoires d'outre-tombe (rédigés sur plusieurs décennies, publiés intégralement seulement après sa mort en 1848-1850 conformément à sa volonté expresse) sont la vaste autobiographie testamentaire dans laquelle Chateaubriand retrace, avec une conscience aiguë de sa propre importance historique et un art consommé de la prose la plus somptueuse, l'ensemble de son existence traversée par les bouleversements les plus considérables de l'histoire de France : son enfance dans le château familial de Combourg en Bretagne, son émigration et son exil en Angleterre pendant la Révolution, son rôle politique et diplomatique de premier plan sous la Restauration comme ministre et ambassadeur, jusqu'à ses réflexions finales sur le sens de l'Histoire et sur sa propre place dans la mémoire de la postérité. Chateaubriand y déploie une prose d'une ampleur et d'une magnificence stylistique exceptionnelles, mêlant le récit intime le plus personnel à la grande fresque historique de son époque, témoin privilégié qu'il fut de la Révolution, de l'Empire napoléonien qu'il admire et redoute tout à la fois, et de la Restauration monarchique à laquelle il participe activement, dans un texte qu'il conçoit délibérément comme un monument littéraire destiné à survivre à sa propre mort, ainsi que l'indique le titre même choisi pour cette œuvre parlant depuis « l'outre-tombe ». Par l'ampleur de son ambition littéraire et historique et la magnificence de sa prose, ce texte testament reste l'une des autobiographies les plus considérables et les plus admirées de toute la littérature française, modèle inégalé du genre des mémoires. Chateaubriand y consacre des pages célèbres à ses rencontres avec les grandes figures de son temps, de Napoléon qu'il croisa personnellement à plusieurs reprises jusqu'aux souverains européens qu'il côtoya comme ambassadeur, offrant un témoignage historique de première main sur près d'un demi-siècle d'histoire européenne. Ce cinquième tome de l'édition complète couvre notamment les années de la Restauration durant lesquelles Chateaubriand occupe successivement plusieurs postes diplomatiques de premier plan, dont l'ambassade de Berlin puis celle de Londres.