Scène VI.
Seigneur, tous vos soldats refusent de partir :
Pharnace les retient, Pharnace leur révèle
Que vous cherchez à Rome une guerre nouvelle.
Pharnace ?
Il a séduit ses gardes les premiers ;
Et le seul nom de Rome étonne les plus fiers.
De mille affreux périls ils se forment l’image.
Les uns avec transport embrassent le rivage ;
Les autres, qui partaient, s’élancent dans les flots,
Ou présentent leurs dards aux yeux des matelots.
Le désordre est partout ; et loin de nous entendre,
Ils demandent la paix, et parlent de se rendre.
Pharnace est à leur tête ; et flattant leurs souhaits,
De la part des Romains il leur promet la paix.
Ah, le traître ! Courez ! qu’on appelle son frère ;
Qu’il me suive, qu’il vienne au secours de son père.
J’ignore son dessein ; mais un soudain transport
L’a déjà fait descendre et courir vers le port ;
Et l’on dit que, suivi d’un gros d’amis fidèles,
On l’a vu se mêler au milieu des rebelles.
C’est tout ce que j’en sais.
Ah ! qu’est-ce que j’entends ?
Perfides, ma vengeance a tardé trop longtemps !
Mais je ne vous crains point : malgré leur insolence,
Les mutins n’oseraient soutenir ma présence.
Je ne veux que les voir ; je ne veux qu’à leurs yeux
Immoler de ma main deux fils audacieux.