Pilote de Guerre
Mai 1940 : la débâcle. Des civils par milliers sur les routes vers un Sud qui n’a rien pour les accueillir. Une armée qui se sait battue, en retraite ou en déroute, communications coupées, tente ce qu’elle peut… L’unité d’Antoine de Saint-Exupéry poursuit ses reconnaissances aériennes avec des pertes terribles. Pourra-t-elle même transmettre les résultats de ses observations ? Au cours d’une de ces missions-suicide au-dessus d’Arras, Saint-Exupéry s’interroge : pourquoi combat-il encore ? Commandes gelées, sous les balles et les obus allemands, ses chances sont réduites : il nous décrit une action et un paysage qui devient presque poétique, mais nous livre aussi ses réflexions, des réminiscences, des souvenirs d’enfance… Que l’on soit d’accord ou pas avec l’analyse de Saint-Exupéry, que l’on partage ou non ses motivations, la réflexion qu’il poursuit sur ce qui nous anime, sur nos choix, nos valeurs, nos résistances et nos engagements ainsi qu’à savoir jusqu’à quel point nous les actualisons, ne peut nous laisser indifférents. Antoine de Saint-Exupéry continuera ces vols qu’il aimait tant – malgré une bureaucratie militaire logiquement opposée à engager ce « vieux » pilote plus utile ailleurs – jusqu’au dernier, celui dont il ne reviendra pas… Nous avons choisi, pour ce livre, une image du modèle d’avion de cette dernière mission tant il est vrai que, dans Pilote de Guerre, Antoine de Saint-Exupéry évoque avec force les raisons pour lesquelles il vit et pour lesquelles il est prêt à mourir. 1942