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Paul Verlaine
Poèmes saturniens (1902)
MCMII
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Source : Wikisource
XXe siècle · 1902

Poèmes saturniens (1902)

1902Poésie Français PoésieSymbolisme
Mort

Poèmes saturniens (1866), premier recueil publié par Paul Verlaine alors âgé d'à peine vingt-deux ans, révèle d'emblée une voix poétique originale placée, comme l'indique le titre, sous le signe mélancolique de Saturne, planète traditionnellement associée à la mélancolie et au spleen, thème dominant de ce recueil de jeunesse marqué par l'influence du Parnasse alors très en vogue mais déjà traversé de touches personnelles annonçant la musicalité si particulière de la poésie verlainienne à venir. Le recueil s'ouvre par un art poétique programmatique où Verlaine affirme déjà sa conception d'une poésie fondée sur la nuance et la suggestion plutôt que sur l'affirmation tranchée, préfigurant le célèbre précepte « de la musique avant toute chose » qu'il développera plus explicitement dans ses œuvres ultérieures, tandis que plusieurs poèmes du recueil explorent des paysages mélancoliques et des figures féminines évanescentes traitées avec une délicatesse impressionniste avant l'heure. Encore marqué par les modèles parnassiens de Leconte de Lisle et de Théophile Gautier que Verlaine admirait alors, ce premier recueil laisse néanmoins déjà transparaître, dans sa musicalité subtile et son goût pour la demi-teinte plutôt que pour la couleur tranchée, la voix personnelle et la sensibilité mélancolique si caractéristiques qui feront toute l'originalité de la poésie verlainienne mature dans ses recueils suivants, Fêtes galantes et Romances sans paroles. Publié en novembre 1866 chez Alphonse Lemerre, éditeur attitré du mouvement parnassien, à l'âge de vingt-deux ans, ce recueil de jeunesse assure à Verlaine une reconnaissance immédiate dans les cercles poétiques parisiens, sans toutefois susciter le succès commercial qui viendra plus tard avec ses recueils de la maturité. Ce recueil de jeunesse, encore marqué par l'influence parnassienne dominante des années 1860, laisse déjà entrevoir, dans sa musicalité subtile et sa préférence pour la nuance plutôt que pour l'affirmation tranchée, les traits distinctifs qui feront toute l'originalité de la voix verlainienne mature.