I.
Résumé des faits relatifs à l’action de l’Éther et du Chloroforme sur les fonctions et sur la contractilité de l’utérus.
L’emploi de l’éther et du chloroforme produit dans l’utérus, comme dans les autres appareils, une excitation qui a pour résultat, dans quelques cas, l’apparition des menstrues, soit qu’elles devancent l’époque normale, soit qu’elles réapparaissent après plusieurs mois d’absence. Les faits exceptionnels d’arrêt dans les menstrues, au moment de l’anésthésiation, doivent être rapportés à l’émotion, ainsi que cela a lieu à la suite d’une foule d’influences morales.
Il n’y a point de différence entre l’action de l’éther inhalé ou introduit par le rectum, et celle du chloroforme sous le rapport de l’excitation dont il vient d’être question.
Mais si l’utérus prend part jusqu’à un certain point à l’éthérisme général, son éthérisme ne s’accroît point rapidement et ne paraît pas devoir présenter la période de collapsus, par cette seule raison qu’avant d’atteindre cette dernière période, l’agent anésthésique aurait foudroyé l’économie toute entière, en annihilant la circu- lation et la respiration. Si le temps manque pour amener l’utérus à la période de collapsus, on peut donc dire que l’éther et le chloroforme ne déterminent pas la période de collapsus utérin.
L’utérus garde, en conséquence, sa contractilité lorsque l’éthérisme complet est apparu dans l’intelligence, la sensibilité, la circulation, la respiration et l’appareil musculaire général.
On peut donc, au moment de la parturition normale, sans péril pour la mère et sans danger pour l’enfant, suspendre l’intelligence et une partie de la sensibilité.
On peut donc suspendre la sensibilité toute entière, au moment même d’une opération césarienne, sans que la contractilité de l’utérus soit en rien diminuée, et sans danger, au point de vue toxique, pour la mère et pour l’enfant.
Il résulte encore des faits une autre conclusion bien importante au point de vue de l’application des agents anésthésiques, c’est que les douleurs physiologiques sont calmées plus facilement que les douleurs causées par la pratique des opérations ou par des altérations pathologiques ; lors des premières, l’intelligence et la conscience peuvent n’être point suspendues, bien que les douleurs soient calmées, ce qui n’est jamais survenu sous nos yeux dans les cas chirurgicaux d’une certaine importance.